Londres, 6 juillet — Il était un peu plus de 2 heures du matin lorsque l’arbitre a sifflé le coup d’envoi de la rencontre entre l’Angleterre et le Mexique, en huitièmes de finale de la Coupe du monde 2026. Dans la capitale britannique, des centaines de pubs avaient reçu une dérogation spéciale pour rester ouverts bien au-delà des horaires habituels, afin de permettre aux supporters de vivre collectivement ce moment intense.

Au Clissold Park Tavern, dans le nord de Londres, l’ambiance était électrique. Les clients, massés devant les écrans, serraient leurs verres en silence ou échangeaient des pronostics nerveux. « C’est leur forteresse », commentait un commentateur à la télévision en montrant les gradins bondés du Stade Azteca, situé à plus de 2 200 mètres d’altitude. Plusieurs supporteurs redoutaient l’effet de l’altitude sur les joueurs anglais, peu habitués à ces conditions, et la ferveur du public mexicain.

Horaire décalé et orage

Le match devait initialement débuter à 18 heures à Mexico, soit 1 heure du matin à Londres. Mais un violent orage a retardé le coup d’envoi d’une heure. Dans l’enceinte mexicaine, les spectateurs ont patienté sous la pluie. À Londres, les fans ont serré les dents, portés par l’adrénaline et la bière, alors que les établissements autorisés à veiller tard tournaient à plein régime.

La décision du gouvernement britannique d’accorder des licences exceptionnelles pour la durée du match avait été annoncée quelques jours plus tôt. Elle visait à éviter que les supporters ne se retrouvent à la rue après la fermeture des pubs traditionnels, tout en favorisant une atmosphère de fête collective. La mesure a été largement saluée par les patrons de bars et les clients.

Un test pour l’endurance des fans

Alors que la rencontre se déroulait à des milliers de kilomètres, l’effet de décalage horaire a transformé cette soirée en véritable marathon. Beaucoup de fans avaient posé un jour de congé ou prévu de ne pas dormir de la nuit. Dans les rues de Londres, des groupes s’étaient formés devant les pubs aux façades décorées de drapeaux. Les serveurs, eux aussi privés de sommeil, multipliaient les tournées.

Le résultat du match n’a pas été communiqué dans les sources consultées, mais l’essentiel, pour les supporteurs présents, était de partager l’émotion du direct. « On ne vit ça qu’une fois tous les quatre ans », confiait un habitué du Clissold Park Tavern, les yeux rivés sur l’écran.

Une nuit mémorable

L’autorisation de prolonger les horaires d’ouverture des pubs jusqu’à 5 heures du matin – voire au-delà pour ceux qui avaient obtenu une dérogation jusqu’à la fin du match – a permis à Londres de vivre une nuit de Coupe du monde hors norme. La fatigue se lisait sur les visages au petit matin, mais la joie et la tension partagées resteront dans les mémoires.

Le gouvernement britannique n’a pas encore commenté l’éventuelle reconduction de telles mesures pour d’autres rencontres à horaire décalé. En attendant, les supporters anglais peuvent se targuer d’avoir tenu jusqu’au bout d’une interminable nuit de football.