Nvidia a officiellement présenté RTX Spark, un système sur une puce (SoC) destiné aux ordinateurs personnels grand public, marquant sa première incursion dans le marché des processeurs pour PC sous architecture Arm. L'annonce a eu lieu lors du salon Computex à Taïwan, où le directeur général de l'entreprise, Jensen Huang, a déclaré que « 40 ans plus tard, Microsoft et Nvidia vont réinventer le PC ». Les premiers appareils équipés de cette nouvelle puce doivent arriver sur le marché à l'automne prochain.

Le RTX Spark intègre un processeur Nvidia Grace à 20 cœurs, développé en partenariat avec le taïwanais MediaTek, et fabriqué selon un procédé en 3 nanomètres de TSMC. À ce CPU s'ajoutent jusqu'à 6 144 cœurs GPU basés sur l'architecture Blackwell, la même que celle de la série RTX 50. L'ensemble peut être associé à une mémoire unifiée LPDDR5x allant jusqu'à 128 Go. Selon les spécifications communiquées, la consommation électrique maximale de l'ensemble est limitée à 80 watts.

Des performances graphiques calibrées

Avec 6 144 cœurs CUDA, la partie graphique du RTX Spark se situe au niveau d'une carte GeForce RTX 5070 de bureau, qui en compte le même nombre. Elle dépasse la version mobile de la RTX 5070 (4 608 cœurs) mais reste en deçà de la RTX 5080 mobile (7 680 cœurs). Les performances seront toutefois modérées par l'enveloppe thermique réduite et l'emploi de mémoire LPDDR5x, plus lente que la GDDR7 utilisée dans les cartes graphiques dédiées. Le constructeur précise que cette relative lenteur pourra être compensée, dans certains jeux et charges de travail liées à l'intelligence artificielle, par la quantité importante de mémoire partagée.

Un marché dominé par Qualcomm et Apple

Nvidia n'en est pas à son premier processeur pour PC sous Windows : ses puces Tegra avaient équipé les tablettes Windows RT, une gamme qui n'a pas rencontré le succès. Depuis, les processeurs Arm pour PC sous Windows 10 et 11 étaient presque exclusivement fournis par Qualcomm. L'arrivée de Nvidia s'appuie sur les progrès réalisés par Microsoft avec son émulateur Prism, qui permet de faire tourner des applications conçues pour les processeurs x86 sur des machines Arm. De nombreux logiciels majeurs existent désormais en version native pour cette architecture, ce qui réduit les pénalités de performance pour les usages courants.

Les jeux comme terrain de reconquête

L'un des points faibles des PC Arm reste l'expérience de jeu vidéo. Si les titres traduits via Prism fonctionnent souvent, ils peuvent souffrir de problèmes de réactivité, et certains jeux utilisant des logiciels anti-triche au niveau du noyau ne sont tout simplement pas exécutables. Nvidia et Microsoft ont indiqué travailler avec plusieurs éditeurs pour améliorer la situation. Des discussions sont en cours avec Riot Games pour assurer le support de League of Legends et Valorant, avec Krafton pour PUBG, ainsi qu'avec les développeurs des solutions anti-triche Easy Anti-Cheat, BattlEye et Denuvo.

Un positionnement entre PC et station de travail IA

Le RTX Spark reprend le même silicium que le DGX Spark, une station de travail miniature lancée par Nvidia fin 2025 et destinée aux développeurs d'intelligence artificielle. La différence principale réside dans le logiciel : le DGX Spark fonctionne sous une version personnalisée d'Ubuntu Linux, tandis que le RTX Spark est conçu pour Windows 11. Jensen Huang a présenté cette nouvelle plateforme comme « l'ordinateur IA superpuissant du foyer », capable de faire tourner des agents d'intelligence artificielle de manière autonome. « Je peux tout à fait imaginer qu'un jour il y ait un super-ordinateur IA dans votre maison, qui fera tourner tous vos agents, tous vos assistants », a-t-il ajouté.

Disponibilité et partenaires

Les premiers produits basés sur RTX Spark seront des ordinateurs portables fins et des mini-PC de bureau. Les fabricants partenaires incluent Asus, Dell, HP, Lenovo, Microsoft (via sa gamme Surface), MSI, Acer et Gigabyte. Aucun détail tarifaire n'a été fourni, mais le prix du DGX Spark, qui est passé de 3 999 à 4 699 dollars, donne une indication sur le positionnement haut de gamme des configurations les plus puissantes. Nvidia n'a pas précisé si d'autres versions de son processeur, moins coûteuses, seraient proposées à plus long terme.