Moins d’un mois après l’officialisation de RTX Spark, son premier processeur destiné au grand public reposant sur l’architecture Arm, Nvidia étend significativement sa gamme et amorce une refonte de son identité commerciale. D’une part, la firme a présenté des ordinateurs portables exploitant cette nouvelle puce ; d’autre part, elle a confirmé la fin progressive de la dénomination GeForce, qui sera remplacée par le label RTX sur l’ensemble de ses produits graphiques.
Des laptops pour concrétiser l’« AI PC »
Jusqu’à présent cantonnée aux machines de bureau, l’offre RTX Spark intègre désormais le segment mobile. Plusieurs fabricants partenaires ont dévoilé des modèles d’ordinateurs portables – des ultraportables comme des machines destinées aux créateurs de contenu – équipés de ce processeur. Ces appareils se présentent comme les premiers à véritablement incarner la vision de Nvidia pour l’« AI PC », un ordinateur personnel optimisé pour les tâches d’intelligence artificielle locales. La puce combine en effet des cœurs Arm, un GPU intégré capable d’exécuter des modèles d’IA, et une unité de traitement neuronal (NPU) dédiée.
Cette annonce intervient alors que les premiers PC de bureau sous RTX Spark commencent à peine à arriver sur le marché. L’extension rapide à la mobilité suggère une stratégie d’entrée agressive dans un univers dominé jusqu’ici par les architectures x86 d’Intel et d’AMD, et où Arm, via Apple, a déjà conquis une part importante du segment des laptops premium.
Un adieu à GeForce, un recentrage sur RTX
Parallèlement à ce déploiement matériel, Nvidia a officialisé l’abandon de la marque GeForce, qui identifiait ses cartes graphiques grand public depuis plus de deux décennies. Désormais, l’ensemble des produits de la division gaming et création s’appelleront RTX, y compris les futures générations de GPU dédiés. Cette décision vise à unifier le discours commercial autour du label RTX, devenu synonyme des technologies de rendu par ray tracing et d’accélération IA, y compris pour les processeurs hybrides comme le RTX Spark.
Cette transition de marque n’affecte pas les produits déjà commercialisés : ils conserveront leur nom d’origine jusqu’à la fin de leur cycle de vie. Les prochaines itérations de cartes graphiques haut de gamme, ainsi que les futurs SoC Arm, seront directement estampillées RTX.
Un pari technologique et commercial
En lançant des laptops RTX Spark, Nvidia s’aventure sur un terrain où l’écosystème logiciel Arm pour Windows reste encore en construction, malgré les efforts de Microsoft et de Qualcomm. Le constructeur mise sur l’intégration verticale de ses propres cœurs de calcul et sur l’efficacité énergétique de l’architecture Arm pour séduire une clientèle en quête d’autonomie et de capacités IA embarquées.
Les premiers tests disponibles suggèrent que la partie graphique du RTX Spark, bien que moins puissante que celle d’une carte dédiée milieu de gamme, assure des performances compétitives pour le jeu en 1080p et l’exécution locale de modèles d’IA générative. L’accueil des développeurs et des consommateurs sera déterminant pour l’avenir de cette plateforme.