Des frappes attribuées au Pakistan ont fait au moins 36 morts dans trois provinces de l'est de l'Afghanistan, selon un bilan provisoire communiqué par les autorités talibanes. L'opération, menée le 29 juin, intervient au lendemain d'une attaque meurtrière au Pakistan que le gouvernement pakistanais impute à des groupes armés basés en territoire afghan.
Des bilans qui divergent
D'après les autorités afghanes, les bombardements ont visé plusieurs localités dans les provinces de Khost, Paktia et Nangarhar, toutes situées le long de la frontière avec le Pakistan. Le porte-parole du ministère afghan de l'Intérieur a confirmé que des civils figurent parmi les victimes, sans toutefois fournir de ventilation précise entre combattants et non-combattants.
De son côté, l'armée pakistanaise a indiqué avoir ciblé des « sanctuaires » et des « planificateurs » responsables d'une attaque survenue le 28 juin au Pakistan. Des responsables sécuritaires pakistanais affirment que les frappes ont permis de neutraliser un nombre important de militants. Un bilan officiel pakistanais mentionne au moins 25 « terroristes » éliminés, un chiffre sensiblement inférieur au total avancé par Kaboul.
Tensions frontalières persistantes
La frontière entre les deux pays, connue sous le nom de ligne Durand, reste une source de friction récurrente. Le gouvernement taliban considère cette ligne comme une frontière coloniale illégitime et accuse régulièrement Islamabad de violer l'intégrité territoriale afghane. Le Pakistan, de son côté, dénonce la présence de groupes armés hostiles – notamment le Tehrik-e-Taliban Pakistan (TTP) – qui opéreraient depuis les zones tribales afghanes.
Les frappes du 29 juin interviennent dans un contexte de recrudescence des violences transfrontalières. L'attaque du 28 juin, pour laquelle Islamabad n'a pas revendiqué publiquement la responsabilité, aurait fait plusieurs morts parmi les forces de sécurité pakistanaises. Le gouvernement de Kaboul a condamné les frappes, les qualifiant d'« acte d'agression », et a annoncé avoir déposé une protestation formelle.
Appels à la retenue
Plusieurs organisations internationales et diplomates en poste dans la région ont exhorté les deux capitales à faire preuve de retenue et à privilégier le dialogue. La Mission d'assistance des Nations unies en Afghanistan (MANUA) s'est déclarée « profondément préoccupée » par la perte de vies humaines et a appelé à « une enquête transparente » pour déterminer les circonstances exactes des frappes.
Pour l'heure, aucun bilan définitif n'est disponible. Les équipes de secours continuent de fouiller les décombres dans les zones touchées. Les deux gouvernements maintiennent des positions diamétralement opposées sur la nature des cibles visées et le nombre de victimes, rendant difficile toute vérification indépendante sur le terrain.