Le candidat à l'élection présidentielle Gabriel Attal a déclaré, dans un entretien publié le 12 juin, qu'il souhaitait « aligner le traitement des pédocriminels sur celui des terroristes ». Cette annonce intervient dans le sillage de l'affaire Lyhanna, qui a suscité une vive émotion dans l'opinion publique et relancé le débat sur la prévention et la répression des violences sexuelles sur mineurs.

Gabriel Attal a exposé plusieurs mesures destinées à instaurer ce qu'il qualifie de « culture de l'urgence ». Parmi celles-ci figure la création d'un fichier national des pédocriminels, qui permettrait un suivi renforcé et une meilleure coordination entre les services de police, de gendarmerie et de justice. L'ancien ministre de l'Éducation nationale insiste sur la nécessité de « sortir de la logique de silos » qui prévaut aujourd'hui, estimant que les informations circulent trop lentement entre les administrations.

Un socle législatif à la hauteur de la menace

Le candidat propose également de durcir les peines encourues par les auteurs de violences sexuelles sur enfants, afin que leur traitement pénal soit comparable à celui des personnes impliquées dans des actes de terrorisme. Cela inclurait notamment l'allongement des périodes de sûreté et la limitation des remises de peine. Selon lui, « la société doit considérer la pédocriminalité comme une menace aussi grave que le terrorisme, ce qui implique des mesures proportionnées ».

Gabriel Attal a par ailleurs évoqué la mise en place de protocoles d'évaluation psychiatrique systématiques pour les personnes condamnées, ainsi qu'un suivi socio-judiciaire renforcé après leur sortie de détention. Il plaide pour une « tolérance zéro » et une meilleure protection des victimes, en raccourcissant les délais de procédure et en généralisant les audiences rapides.

L'affaire Lyhanna comme catalyseur

Ces propositions s'inscrivent dans un contexte marqué par l'émotion suscitée par le décès de Lyhanna, une enfant dont l'affaire a mis en lumière les défaillances du système de protection. Si Gabriel Attal n'a pas précisé le calendrier législatif d'une éventuelle mise en œuvre, il a affirmé que ces réformes constitueraient une priorité absolue de son programme électoral.

Plusieurs associations de défense des droits des enfants ont salué « la prise de conscience » du monde politique, tout en appelant à des garanties concrètes sur le respect des droits de la défense et la non-stigmatisation des personnes sous contrôle judiciaire. Des juristes interrogés sur le sujet rappellent que le régime antiterroriste comporte des dérogations procédurales importantes, et que leur extension à d'autres domaines doit être encadrée par des garde-fous constitutionnels.

Une mesure qui divise

Certains observateurs estiment que la comparaison avec le terrorisme emprunte au registre émotionnel, alors que d'autres jugent pertinent de s'inspirer d'outils qui ont fait leurs preuves dans la lutte antiterroriste. Le débat s'annonce vif, tant sur le fond que sur la méthode. Gabriel Attal, en se positionnant de la sorte, cherche à capter une attente sécuritaire croissante parmi les électeurs.

L'ancien Premier ministre entend ainsi faire de la lutte contre les violences faites aux enfants un marqueur fort de sa campagne, susceptible de rassembler au-delà des clivages partisans. Les prochaines semaines verront probablement d'autres candidats prendre position sur ce sujet, qui s'impose comme un des thèmes centraux de l'élection présidentielle.