Une baisse inédite des effectifs

Les centres de loisirs parisiens accusent un net recul des inscriptions pour la période estivale. Selon des chiffres communiqués par l'adjointe aux Affaires scolaires et à la petite enfance, Anne-Claire Boux, la fréquentation a chuté de 16 % par rapport à l'été précédent, ce qui représente environ 2 000 enfants de moins accueillis chaque jour. « Nous accueillons à partir d'aujourd'hui 16 000 enfants chaque jour, soit un petit Parisien sur cinq », a-t-elle précisé, tout en indiquant que les mesures de contrôle renforcées instaurées dans le périscolaire s'appliquent désormais également aux centres de loisirs.

Un contexte de révélations choquantes

Cette désaffection intervient alors que la capitale est secouée depuis plusieurs mois par une série d'affaires de violences sexuelles impliquant des animateurs périscolaires. Les premiers procès d'agents mis en cause se tiennent actuellement, et les témoignages continuent d'alimenter l'inquiétude des parents. Depuis le début de l'année 2026, la municipalité a suspendu 132 animateurs, dont 52 pour des « suspicions de violences sexuelles ou sexistes », un nombre jugé « systémique » par le premier adjoint, Emmanuel Grégoire.

Des mesures d'urgence et une polémique politique

Face à l'ampleur du scandale, la Ville a débloqué un plan d'action de 20 millions d'euros pour renforcer la sécurité et la surveillance dans les structures d'accueil. Parallèlement, les groupes d'opposition de droite et de La France insoumise au Conseil de Paris ont conjointement saisi le procureur de la République en juin, sur le fondement de l'article 40 du code de procédure pénale, afin de mettre en cause la « responsabilité pénale » de la municipalité dans ces faits. Cette procédure oblige tout fonctionnaire à signaler aux autorités judiciaires les crimes ou délits dont il a connaissance dans l'exercice de ses fonctions.

Des enquêtes parlementaires et indépendantes

Plusieurs instances d'investigation ont été mises en place pour faire la lumière sur ces dysfonctionnements. Lundi 6 juillet, une mission d'information et d'évaluation (MIE) transpartisane, consacrée spécifiquement aux violences sexuelles dans le périscolaire, a entamé ses auditions. La première personne entendue a été la nouvelle directrice des affaires scolaires (Dasco) de la Ville, Catherine Baratti‑Elbaz, ancienne maire du 12e arrondissement. Par ailleurs, une commission indépendante présidée par l'ancien juge des enfants Antoine Garapon a été constituée, tandis qu'une mission d'information du Sénat planche également sur le sujet.

Un impact durable sur la confiance des familles

Si la Ville affirme maintenir un accueil de qualité pour les enfants inscrits – 16 000 jeunes fréquentent chaque jour les centres de loisirs –, la baisse spectaculaire des inscriptions témoigne d'une défiance persistante des familles. Les associations de parents d'élèves et plusieurs élus réclament une transparence totale sur les procédures de recrutement et de contrôle des personnels. Le plan d'action municipal devrait être détaillé dans les prochaines semaines, alors que les auditions parlementaires se poursuivent.