Pauline Hanson, cheffe du parti d'extrême droite One Nation, a prononcé un discours remarqué le 17 juin au National Press Club dans la capitale fédérale. Elle y a affirmé que l'Australie « doit être monoculturelle », une déclaration qui a immédiatement suscité une vague de réactions négatives de la part des principales forces politiques du pays.
Le Premier ministre a rejeté fermement cette vision, la jugeant contraire aux valeurs fondamentales de la nation. Un porte-parole de l'exécutif a souligné que l'Australie est fière de son multiculturalisme et que les propos de Mme Hanson ne reflètent pas la réalité du pays.
Du côté du Parti libéral, le frontbencher Dan Tehan a minimisé toute perspective de rapprochement. Interrogé sur une éventuelle coalition avec One Nation, il a indiqué que cette option « n'est même pas envisagée », repoussant ainsi l'hypothèse d'une alliance entre les deux formations.
Un rejet dans les sondages
Les prises de position de Pauline Hanson interviennent alors que le soutien à son parti semble s'éroder. Un sondage d'opinion réalisé fin juin révèle que les électeurs rejettent les principales propositions de One Nation, notamment en matière d'immigration et de politique identitaire. La formation enregistre un recul dans les intentions de vote, suggérant que le discours monoculturel ne séduit pas une majorité d'Australiens.
Une comparaison avec Donald Trump
Le président du Parti travailliste, Wayne Swan, a vivement critiqué la dirigeante de One Nation. Il a établi un parallèle entre Pauline Hanson et l'ancien président américain Donald Trump, l'accusant de promouvoir une « vision sombre et dystopique de l'avenir ». M. Swan a appelé les travaillistes à s'opposer résolument à ce qu'il considère comme un danger pour la cohésion sociale.
Des inquiétudes économiques
Plusieurs économistes ont également réagi aux positions de Mme Hanson sur les questions sociales. Ses propositions visant à réduire le congé parental rémunéré et à limiter l'accès aux services de garde d'enfants ont été jugées particulièrement préoccupantes. Selon ces experts, de telles mesures risqueraient de faire reculer de plusieurs décennies la participation des femmes au marché du travail, avec des conséquences négatives pour l'économie australienne.
Un discours jugé honteux
Au-delà des réactions politiques, le discours de Pauline Hanson a été qualifié de « honteux » par plusieurs personnalités publiques et organisations de la société civile. Des critiques ont souligné que ses arguments reprenaient, selon elles, des « absurdités » déjà développées par des figures d'extrême droite au Royaume-Uni et aux États-Unis, sans apporter d'éléments nouveaux.
L'allocution de Mme Hanson, qui a également abordé des sujets comme l'immigration et le drapeau aborigène, s'inscrit dans une stratégie de radicalisation du discours identitaire. Alors que l'Australie se prépare pour les prochaines échéances électorales, cet épisode illustre les tensions persistantes autour de la définition de l'identité nationale et du modèle multiculturel, qui reste un pilier revendiqué par les principaux partis.