Un tournant décisif vient de se produire dans l’affaire qui ébranle le Tarn depuis près de six ans. Cédric Jubillar a reconnu dans une lettre adressée à son avocat avoir tué son épouse, Delphine Aussaguel, a fait savoir son conseil ce lundi 6 juillet. Cet aveu écrit, dont la teneur a été révélée par la défense, constitue un revirement majeur de la part de l’accusé, qui avait jusqu’alors toujours nié toute implication dans la disparition de sa femme, survenue dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020 à Cagnac-les-Mines.

La missive, dont le contenu précis n’a pas été divulgué dans son intégralité, a été remise à la justice. L’avocat de Cédric Jubillar a confirmé que son client « reconnaît les faits » et « exprime des regrets ». Cette confession intervient alors que l’homme de 38 ans, peintre en bâtiment, était incarcéré depuis plusieurs années, placé en détention provisoire dans l’attente de son procès. Ce dernier s’était ouvert devant la cour d’assises du Tarn, mais aucun corps n’avait été retrouvé, ce qui compliquait l’enquête.

Un revirement après des années de dénégations

Jusqu’à présent, Cédric Jubillar n’avait cessé de clamer son innocence. Lors de son procès, il avait notamment déclaré : « Je tiens à dire que je n’ai absolument rien fait à Delphine », quelques heures avant le verdict. Sa condamnation à trente ans de réclusion criminelle pour meurtre par conjoint, prononcée en octobre 2025, avait été suivie d’un appel de la part de ses avocats. Cette nouvelle reconnaissance, formulée par écrit, pourrait modifier la stratégie de défense et avoir des conséquences sur la procédure en cours.

La disparition de Delphine Jubillar, une infirmière de 33 ans et mère de deux enfants, avait suscité une immense émotion dans l’Hexagone. Les recherches n’avaient jamais permis de localiser son corps, un élément qui avait nourri les débats lors du procès. La lettre de Cédric Jubillar, si elle est authentifiée, pourrait permettre de lever le voile sur les circonstances du drame, mais aucune information n’a filtré sur la localisation de la dépouille.

Réactions des parties civiles et des proches

Les avocats des parties civiles ont réagi avec prudence, mais n’ont pas caché leur espoir d’obtenir enfin des réponses. « Il doit nous indiquer où se trouve la dépouille », avait martelé Me Boguet après la condamnation, une demande qui reste d’actualité. La famille de la victime, qui a toujours réclamé la vérité, attend désormais des actes concrets de la part de l’accusé. De son côté, la mère de Cédric Jubillar avait affirmé, lors du procès, que son fils « n’avouera jamais les faits », un pronostic aujourd’hui contredit.

Quelles suites judiciaires ?

Sur le plan juridique, cet aveu pourrait relancer l’enquête sur la disparition du corps, mais aussi influencer la cour d’appel, qui doit statuer sur la peine de trente ans de réclusion. Les experts judiciaires soulignent que la reconnaissance des faits, bien que tardive, pourrait être prise en compte dans le cadre d’une éventuelle réduction de peine, si elle est accompagnée d’une collaboration effective. Toutefois, rien n’est encore tranché, et la défense n’a pas précisé si cette lettre modifie le calendrier de l’appel.

L’affaire, qui avait connu un retentissement national, vient donc de connaître un rebondissement spectaculaire, près de six ans après la disparition de Delphine Jubillar. Reste à savoir si cet aveu permettra enfin de retrouver son corps et de clore un chapitre douloureux pour ses proches.