Cédric Jubillar, condamné en octobre 2025 à trente ans de réclusion criminelle pour le meurtre de son épouse Delphine, a reconnu sa responsabilité dans une lettre manuscrite envoyée à son avocat. Le conseil de l’accusé a lui-même rendue publique cette information, confirmant un basculement dans l’affaire qui avait tenu la France en haleine.
Dans ce courrier, l’ancien artisan de quarante-cinq ans écrit avoir tué Delphine Jubillar, infirmière de trente-trois ans et mère de leurs deux enfants, disparue dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020 à Cagnac-les-Mines, dans le Tarn. L’aveu intervient plus de neuf mois après la condamnation prononcée par la cour d’assises du Tarn et alors que son pourvoi en cassation était toujours pendant.
Le parcours judiciaire d’une affaire sans corps
L’affaire avait débuté par la disparition inquiétante de Delphine Jubillar. Son mari avait signalé son absence aux gendarmes, mais très rapidement, les enquêteurs avaient concentré leurs soupçons sur lui. Aucun corps n’a jamais été retrouvé, ce qui a constitué l’une des principales difficultés de l’instruction et du procès. Après quatre semaines de débats, la cour d’assises du Tarn avait rendu son verdict : trente ans de réclusion criminelle, une peine conforme aux réquisitions de l’avocat général. Cédric Jubillar avait immédiatement annoncé faire appel de cette décision, clamant son innocence jusqu’au bout.
Des déclarations radicalement différentes
Lors de l’audience, le principal accusé s’était défendu avec vigueur. « Je tiens à dire que je n’ai absolument rien fait à Delphine », avait-il affirmé avant que les jurés ne se retirent pour délibérer. Sa mère avait également déclaré que son fils « n’avouerait jamais les faits ». La lettre adressée à son avocat marque donc un revirement complet de sa position. Selon des propos rapportés par son conseil, l’ancien plaquiste y exprime « sa responsabilité » dans la disparition et la mort de son épouse. Les sources disponibles ne précisent pas la date exacte de rédaction de ce document ni les circonstances exactes qu’il décrit.
Les réactions et les suites judiciaires
Cette reconnaissance écrite pourrait avoir des conséquences importantes sur la procédure en cours. L’aveu intervient après le dépôt d’un pourvoi en cassation contre la condamnation de première instance. La défense pourrait choisir de modifier sa stratégie ou de maintenir le recours, tandis que les parties civiles, représentées par leur avocat, attendent toujours que Cédric Jubillar révèle l’endroit où se trouve la dépouille de Delphine. « Il doit nous indiquer où se trouve la dépouille », avait martelé le conseil des parties civiles à l’issue du procès. La lettre d’aveu ne mentionne pas, selon les informations disponibles, l’emplacement du corps.
Un dossier marqué par des preuves indirectes
Durant l’instruction et le procès, l’accusation s’était appuyée sur un faisceau d’indices : des contradictions dans les déclarations du mari, des traces d’ADN, l’absence d’alibi solide pour la nuit de la disparition, ainsi que le comportement jugé froid et peu ému de l’accusé après le signalement de l’absence de son épouse. Les jurés avaient également été sensibles à l’absence de remords manifestée par l’accusé durant les audiences. L’aveu écrit pourrait désormais permettre de lever certaines zones d’ombre, notamment sur les circonstances exactes du drame.
Un rebondissement dans une affaire qui a captivé l’opinion
L’affaire Jubillar a été l’un des faits divers les plus suivis de ces dernières années en France. La disparition de Delphine, jeune mère de famille, l’absence de corps, les multiples rebondissements procéduraux et les déclarations contradictoires de l’accusé avaient suscité un vif intérêt médiatique et populaire. La reconnaissance par Cédric Jubillar du meurtre de son épouse met fin à cinq années de dénégations et pourrait ouvrir la voie à une nouvelle phase judiciaire. Les autorités judiciaires n’ont pas encore communiqué officiellement sur la portée de cet aveu ni sur la suite de la procédure.