Cédric Jubillar a franchi un pas décisif dans le dossier judiciaire qui le concerne. L’ancien accusé, condamné en octobre 2025 à trente ans de réclusion criminelle pour le meurtre de son épouse Delphine, a reconnu les faits dans une lettre qu’il a écrite à son avocat. L’information a été rendue publique par le conseil de l’intéressé, confirmant un tournant majeur dans une affaire qui dure depuis près de six ans.

Une confession écrite

Le courrier, rédigé depuis sa cellule, contient des aveux explicites. L’avocat de Cédric Jubillar a indiqué que son client y décrit les circonstances de la mort de Delphine, survenue dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020 à Cagnac-les-Mines, dans le Tarn. Aucun corps n’a été retrouvé depuis cette date, mais les investigations avaient conduit à la mise en examen du mari, alors considéré comme le principal suspect.

Jusqu’à présent, l’intéressé n’avait jamais reconnu sa responsabilité. Durant son procès devant la cour d’assises du Tarn, il avait clamé son innocence, déclarant notamment « je n’ai absolument rien fait à Delphine » juste avant le verdict. Sa condamnation en première instance avait été suivie d’un appel, formé par ses avocats dès l’annonce de la peine.

Un parcours judiciaire sinueux

Le procès de Cédric Jubillar s’est déroulé sur quatre semaines, à partir de septembre 2025. Les jurés ont reconnu l’accusé coupable de meurtre par conjoint, une qualification retenue malgré l’absence de dépouille. La cour a souligné que l’accusé n’avait « exprimé aucun remords, restant autocentré sans aucune remise en question ».

Dans son récit de l’épilogue du procès, l’envoyé spécial présent lors des débats avait noté que « Cédric Jubillar s’est lui-même condamné à être condamné », évoquant une attitude qui avait pesé dans la décision des jurés. La défense avait plaidé l’acquittement, estimant que les charges étaient insuffisantes.

Conséquences juridiques et familiales

Les aveux formulés par lettre pourraient avoir des répercussions sur la procédure en cours. La cour d’appel, saisie après l’appel de la condamnation, devra désormais prendre connaissance de ce revirement. L’avocat de Cédric Jubillar n’a pas précisé si son client entendait maintenir sa contestation ou si cette reconnaissance modifierait sa stratégie judiciaire.

Sur le plan familial, la situation est également lourde de conséquences. Environ un mois et demi après sa condamnation, en décembre 2025, Cédric Jubillar avait été déchu de son autorité parentale concernant ses deux enfants. Le corps de Delphine reste introuvable, et les proches de la victime n’ont cessé de réclamer que son mari « indique où se trouve la dépouille », comme l’a martelé l’avocat des parties civiles.

Une affaire hors norme

L’affaire Jubillar a captivé l’opinion publique en raison de l’absence de cadavre, des zones d’ombre qui persistent et de la personnalité de l’accusé. Infirmière de 33 ans et mère de deux enfants, Delphine s’est volatilisée sans laisser de trace. Son mari, peintre en bâtiment de son état, a toujours nié toute implication jusqu’à cette lettre.

Les sources proches du dossier ne précisent pas la date exacte à laquelle ce courrier a été rédigé ni le contenu exact des explications fournies par Cédric Jubillar sur les circonstances du décès. Il n’est pas non plus établi si la lettre a été transmise à la justice ou si elle reste à ce stade entre les mains de la défense.

La révélation de ces aveux constitue un rebondissement inattendu dans une affaire qui semblait judiciairement close après le verdict de première instance. Elle ouvre la voie à de nouvelles interrogations, tant sur la suite de la procédure que sur la possibilité de retrouver enfin les restes de Delphine Jubillar.