Emmanuel Macron a livré une mise en garde solennelle, à l'occasion du Congrès mondial contre la peine de mort, en constatant que les débats publics dans plusieurs pays remettent en cause l'abolition. « Quand je vois les débats dans nos pays, je considère que rien n'est acquis », a déclaré le président de la République, cité dans des propos rapportés depuis cette rencontre internationale.
« La peine de mort n'a jamais rendu une société plus sûre »
Face à des voix qui, dans diverses nations, réclament un retour de la peine capitale, Emmanuel Macron a opposé un argument de fond : « La peine de mort n'a jamais rendu une société plus sûre », a-t-il affirmé. Cette phrase, prononcée devant les participants du congrès, résume la position constante de la France, qui a aboli la peine capitale en 1981. Le chef de l'État a cherché à rappeler que l'efficacité dissuasive prêtée à la peine de mort n'est pas démontrée par les faits.
Un contexte de regain des discours abolitionnistes
L'intervention du président intervient alors que, dans l'espace public de plusieurs démocraties, des appels à rétablir la peine de mort se font entendre, notamment à la suite de faits divers d'une violence extrême. Sans citer de pays en particulier, Emmanuel Macron a fait référence à « nos pays », suggérant que même au sein des États abolitionnistes, la question refait surface périodiquement. Le message présidentiel visait à ancrer l'abolition comme un combat permanent plutôt qu'un acquis définitif.
Un plaidoyer pour la mobilisation internationale
Le Congrès mondial contre la peine de mort, qui rassemble des associations, des juristes et des gouvernements abolitionnistes, constitue une tribune régulière pour les défenseurs de l'abolition universelle. En prenant la parole dans ce cadre, Emmanuel Macron a cherché à réaffirmer l'engagement de la France comme leader de ce combat. Il a implicitement appelé à ne pas relâcher la vigilance, alors que des enquêtes d'opinion montrent parfois une adhésion minoritaire mais non négligeable à la peine capitale dans certaines sociétés occidentales.
Un discours de vigilance
Avec cette intervention, le président entend placer la France en sentinelle des valeurs abolitionnistes. « Rien n'est acquis », a-t-il répété, soulignant que chaque génération doit réapprendre et défendre les principes d'humanité qui fondent le refus de la peine de mort. Ce faisant, il répond aussi à ceux qui, dans le débat public français, pourraient être tentés de rouvrir le dossier à la faveur de situations sécuritaires tendues.