Des perquisitions ont été menées au département des Bouches-du-Rhône ainsi qu’à la métropole Aix-Marseille-Provence, dans le cadre d’une enquête judiciaire ouverte pour des chefs de favoritisme, corruption et trafic d’influence en bande organisée. L’opération, conduite par le Parquet national financier (PNF), s’est déroulée le 30 juin dernier, selon plusieurs sources concordantes.

Les investigations portent notamment sur l’organisation du sommet Europe-Afrique, un événement qui avait été monté en partenariat avec le journal La Tribune, un titre appartenant à l’armateur et milliardaire Rodolphe Saadé. Les enquêteurs cherchent à déterminer si des marchés ou des conventions liés à ce sommet ont été conclus en échange d’avantages indus, ou si des décisions publiques ont été influencées par des intérêts privés.

Des faits présumés remontant à plusieurs années

Selon les éléments recueillis, l’enquête préliminaire du PNF aurait débuté à la suite de signalements et d’articles de presse locale ayant mis en lumière des liens possiblement troubles entre des responsables publics et certains acteurs économiques de la région. Les faits visés relèvent du droit pénal des affaires et pourraient, s’ils étaient confirmés, engager la responsabilité de plusieurs élus ou hauts fonctionnaires territoriaux.

Les perquisitions elles-mêmes ont mobilisé des effectifs importants, tant au siège de l’hôtel du département, situé à Marseille, qu’au sein des locaux de la métropole à Aix-en-Provence. Les enquêteurs ont saisi des documents administratifs, des courriers électroniques et des supports numériques en lien avec les contrats passés dans le cadre du sommet Europe-Afrique.

Un signal fort du Parquet national financier

Cette action du PNF intervient dans un contexte où la lutte contre la corruption des élus locaux est devenue une priorité affichée de la justice financière. La métropole Aix-Marseille-Provence, première intercommunalité de France par sa population, et le département des Bouches-du-Rhône sont des collectivités régulièrement exposées à des polémiques sur la gestion de leurs marchés publics.

Ni la présidente du département, ni le président de la métropole n’ont officiellement commenté l’opération à ce stade. Leurs services se sont contentés de confirmer le déroulement des perquisitions sans fournir plus de détails. Les investigations se poursuivent et aucune mise en examen n’a été annoncée pour l’instant.