Kiev a subi dans la nuit du 10 au 11 juillet un bombardement d'une ampleur inédite depuis plusieurs semaines. L'armée de l'air ukrainienne a fait état de l'emploi par la Russie de six missiles balistiques de type Iskander-M ou S-400, de six missiles de croisière tactiques, ainsi que de 121 drones. Les défenses antiaériennes ukrainiennes ont revendiqué avoir abattu 111 drones et deux missiles de croisière, mais l'ensemble des projectiles balistiques a percé le périmètre de défense.
Selon les autorités locales, les premières explosions ont retenti vers 3 h 38, soit près de deux minutes avant le déclenchement des sirènes d'alerte, ne laissant quasiment aucun répit aux habitants pour gagner un abri. Les frappes ont touché plusieurs arrondissements de la capitale. Le maire de Kiev, Vitali Klitschko, a confirmé sur son compte Telegram qu'au moins onze personnes avaient été blessées, dont un garçon de 11 ans. Quatre blessés ont dû être hospitalisés en urgence.
Dégâts matériels et incendies
Les bombardements ont provoqué des incendies sur plusieurs sites. « Un poste de transformation électrique est en feu dans le district de Darnytskyï, et un immeuble de bureaux de trois étages brûle dans le district de Solomianskyï », a détaillé M. Klitschko. Les services d'urgence ont également signalé que des entrepôts commerciaux, une pharmacie et une locomotive ferroviaire avaient été gravement endommagés par l'onde de choc. En périphérie de la ville, un train spécialisé a été dépêché pour circonscrire un incendie de grande ampleur sur un site industriel.
Un contexte de tensions accrues
Cette attaque intervient alors que les forces ukrainiennes doivent gérer avec parcimonie leurs stocks de missiles antiaériens, en attendant l'arrivée de nouvelles livraisons d'équipements militaires occidentaux. Les autorités ont indiqué que les batteries Patriot opéraient désormais en modes manuels pour économiser les intercepteurs. L'assaut nocturne s'inscrit dans une escalade des frappes russes sur la capitale depuis le début du mois de juillet. Le sommet de l'OTAN, prévu dans les prochains jours, devrait aborder la question du renforcement de la défense aérienne ukrainienne.