L'épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo connaît une nouvelle étape tragique. Le bilan officiel a franchi la barre des 500 morts, a indiqué lundi l'Organisation mondiale de la santé (OMS), s'appuyant sur les chiffres fournis par les autorités sanitaires congolaises.
Selon un point de situation daté du 4 juillet, 506 décès et 1 561 cas confirmés ont été recensés en RDC. Dans le pays voisin, l'Ouganda, le bilan est maintenu à deux morts pour 20 cas confirmés.
Une épidémie sans vaccin
Cette 17e épidémie, officiellement déclarée le 15 mai, est provoquée par le virus Bundibugyo, une souche rare pour laquelle il n'existe ni vaccin ni traitement spécifique. Face à cette impasse, un essai clinique portant sur deux traitements expérimentaux a débuté jeudi dernier, selon l'OMS. L'organisation a par ailleurs accordé une autorisation d'utilisation d'urgence au premier test de diagnostic moléculaire du virus.
Un foyer principal dans l'est du pays
L'épicentre de la crise se situe dans la province de l'Ituri, dans le nord-est de la RDC, frontalière du Soudan du Sud et de l'Ouganda. Dans la cité minière de Mongbwalu, considérée comme le point de départ de l'épidémie, le taux de létalité atteint 50,7 %, un niveau très élevé qui témoigne de difficultés persistantes dans l'accès aux soins précoces.
Le virus s'est également propagé dans les provinces voisines du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Dans ces régions, les capitales provinciales et de larges zones sont sous le contrôle du groupe armé M23, ce qui complique les opérations de lutte contre l'épidémie.
Une ampleur encore difficile à mesurer
Les autorités sanitaires peinent à évaluer l'ampleur réelle de la crise, qui pourrait durer plusieurs mois. Depuis cinquante ans, Ebola a tué plus de 15 000 personnes en Afrique. En RDC, l'épidémie la plus meurtrière avait fait près de 2 300 morts entre 2018 et 2020.
Le cap des 500 décès franchi ce mois de juillet marque une aggravation significative de la situation sanitaire dans l'est du pays.