Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a effectué une visite à Kinshasa le 2 juillet, dans un contexte d’aggravation de l’épidémie d’Ebola qui frappe la République démocratique du Congo (RDC). Ce déplacement visait à réaffirmer le soutien de Pretoria face au virus, alors que les autorités congolaises peinent à endiguer la propagation.

Selon les chiffres officiels, l’épidémie, déclarée il y a un peu plus de six semaines, a déjà causé plus de 400 décès. La maladie s’est propagée à plusieurs provinces, atteignant notamment Kisangani, la capitale de la Tshopo, où un premier cas a été confirmé ces derniers jours. Il s’agit de la première apparition du virus dans une grande ville du nord-est du pays, ce qui soulève des craintes quant à une accélération de la transmission.

Lors de sa rencontre avec le président Félix Tshisekedi, Cyril Ramaphosa a réitéré l’engagement de l’Afrique du Sud à fournir une assistance technique et logistique à la RDC. Pretoria a déjà joué un rôle actif dans les précédentes épidémies d’Ebola en Afrique centrale, notamment en déployant des équipes médicales et en contribuant à la formation du personnel soignant. Les deux chefs d’État ont également évoqué la nécessité d’une coordination régionale renforcée pour éviter que le virus ne franchisse les frontières.

Parallèlement, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a lancé un essai clinique visant à évaluer l’efficacité d’un nouveau traitement contre Ebola. Ce protocole, déployé dans les zones touchées, vient s’ajouter aux campagnes de vaccination qui se poursuivent, notamment avec le vaccin rVSV-ZEBOV. Les équipes sanitaires travaillent sans relâche pour identifier les cas suspects, isoler les malades et suivre leurs contacts.

La visite de Cyril Ramaphosa intervient alors que la communauté internationale s’inquiète de l’extension géographique du foyer épidémique. Plusieurs pays voisins, dont le Rwanda, l’Ouganda et le Soudan du Sud, ont renforcé la surveillance aux postes-frontières. L’Union africaine a également exprimé sa solidarité avec Kinshasa, tandis que des organisations humanitaires multiplient les appels à un financement accru.

Malgré les efforts déployés, les défis restent immenses : infrastructures sanitaires fragiles, mouvements de population dans les zones de conflit et défiance de certaines communautés envers les équipes médicales. La présence du président sud-africain à Kinshasa envoie un signal politique fort, destiné à maintenir la pression internationale et à encourager une réponse collective face à la pire épidémie d’Ebola en RDC depuis celle de 2018-2020.