L'épidémie de la 17e flambée d'Ebola en République démocratique du Congo (RDC) continue de s'aggraver. Selon le dernier bilan de l'Institut national de santé publique (INSP) congolais, 438 décès ont été enregistrés pour un total de 1 406 cas, soit un taux de létalité de 31,2 %. Le foyer principal reste concentré dans la province de l'Ituri, près des frontières avec le Soudan du Sud et l'Ouganda, mais l'extension géographique se confirme avec la détection d'un premier cas à Kisangani, grande ville du nord-est située à environ 600 kilomètres du foyer initial.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS), qui a déclenché une alerte sanitaire internationale, a annoncé jeudi 2 juillet le lancement d'un essai clinique. « L'essai clinique portant sur deux traitements a débuté avec le recrutement du premier patient », a déclaré le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, lors d'une conférence de presse à Genève.

Cette épidémie est causée par le virus Bundibugyo, une souche pour laquelle il n'existe actuellement ni vaccin ni traitement homologué. L'essai vise à tester deux candidats thérapeutiques dans l'espoir d'améliorer la prise en charge des patients et d'endiguer la propagation du virus. L'OMS a souligné l'urgence de disposer d'outils efficaces face à un agent pathogène qui, selon les données historiques, a provoqué la mort de plus de 15 000 personnes en Afrique au cours des cinq dernières décennies.

Visite de haut niveau à Kinshasa

Jeudi également, le président sud-africain Cyril Ramaphosa et son homologue congolais Félix Tshisekedi ont visité l'Institut national de recherche biomédicale (INRB) de Kinshasa. Cette visite symbolise la solidarité régionale face à la crise sanitaire. Aucune information n'a été diffusée sur d'éventuelles annonces concrètes à l'issue de cette visite, mais elle intervient alors que la RDC cherche à mobiliser des soutiens internationaux et à renforcer ses capacités de recherche.

Situation dans les pays voisins

En Ouganda, pays frontalier de la zone infectée, 20 cas ont été recensés dont deux décès. Aucun nouveau cas n'a été signalé depuis le 21 juin, ce qui pourrait indiquer un ralentissement temporaire de la transmission. Cependant, l'OMS a fait état de la détection mardi d'un cas de fièvre hémorragique de Marburg, une maladie similaire à Ebola, ce qui complique la vigilance sanitaire dans la région.

L'épidémie actuelle est la plus importante en RDC depuis celle de 2018-2020, qui avait fait près de 2 300 morts pour 3 500 malades. Les autorités sanitaires congolaises et l'OMS redoutent une nouvelle phase de l'épidémie, d'autant que l'arrivée du virus à Kisangani, un nœud de transport fluvial et aérien, augmente le risque de dissémination vers d'autres provinces et pays.