Moins de vingt-quatre heures après que l'armée israélienne a sommé l'ensemble de la population de Tyr de quitter la ville, les frappes se sont intensifiées de manière spectaculaire sur ce grand centre urbain du sud du Liban. Les habitants décrivent un « pilonnage incessant » qui frappe la ville sans discontinuer depuis l'aube.

Les bombardements, d'une violence rarement observée dans cette zone portuaire, touchent désormais indistinctement des quartiers résidentiels et des infrastructures civiles. Aucun secteur de la ville ne semble épargné, et l'absence de répit complique toute tentative de fuite pour les milliers de civils qui n'ont pas pu ou pas voulu obtempérer à l'ordre d'évacuation.

Une opération militaire d'une ampleur inédite

L'armée israélienne a justifié cette intensification des frappes par la nécessité de démanteler des infrastructures du Hezbollah qu'elle affirme être dissimulées au cœur de la zone urbaine. Selon des responsables militaires israéliens cités dans des communiqués, l'opération vise à « frapper avec force et précision les capacités de l'ennemi ».

Sur le terrain, les témoignages recueillis auprès de secouristes libanais font état de dégâts considérables. De nombreux immeubles se sont effondrés sous les impacts, et les équipes de la protection civile peinent à atteindre les secteurs les plus dangereux en raison des bombardements continus.

Conséquences humanitaires dramatiques

L'ordre d'évacuation, lancé la veille par le porte-parole arabophone de l'armée israélienne, concernait l'ensemble de la ville de Tyr et ses environs immédiats. Il enjoignait aux habitants de se diriger vers le nord du pays, au-delà du fleuve Litani. Mais les frappes, qui ont commencé avant même l'expiration du délai accordé, ont semé la panique et rendu les routes de sortie extrêmement périlleuses.

Des organisations humanitaires présentes sur place alertent sur une situation catastrophique : des familles entières se retrouvent bloquées dans des abris de fortune ou contraintes de se déplacer à pied sous les bombes. Les infrastructures médicales de la région, déjà saturées par des semaines de conflit, sont submergées par l'afflux de blessés.

Ce pilonnage de Tyr s'inscrit dans une escalade plus large des opérations israéliennes au sud du Liban. Depuis plusieurs jours, l'armée israélienne a considérablement élargi le périmètre de ses frappes, touchant également des villes comme Nabatiyé, désormais devenue une cible centrale des bombardements.

La communauté internationale observe avec une inquiétude croissante cette nouvelle phase du conflit. Plusieurs capitales occidentales ont appelé à la retenue et à la protection des civils, sans toutefois annoncer de mesures concrètes pour faire cesser les hostilités.

Les frappes sur Tyr se poursuivaient ce soir encore, sans signe d'apaisement, laissant craindre un bilan humain qui pourrait s'alourdir dans les prochaines heures.