Dans la nuit de lundi 6 à mardi 7 juillet, plus de 430 drones ukrainiens ont été lancés en direction de Moscou, a annoncé le maire de la capitale russe, Sergueï Sobianine. Cette offensive intervient au moment où s'ouvre à Ankara un sommet de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (Otan), auquel participe le président ukrainien Volodymyr Zelensky.
« Depuis le soir jusqu'à 6 heures du matin, plus de 430 drones ont volé en direction de la région de Moscou. La plupart ont été neutralisés par les forces de défense aérienne à des distances éloignées. 36 drones ennemis ont été détruits à l'approche de Moscou », a écrit M. Sobianine sur les réseaux sociaux. D'après les autorités russes, la défense antiaérienne a abattu au total 419 drones dans plusieurs régions du pays au cours de cette même nuit. Parmi eux, 46 ont été détruits au-dessus du territoire de Moscou, ont précisé les services de l'armée russe.
Par ailleurs, des « frappes répétées » de missiles ukrainiens ont fait au moins un mort et provoqué l'incendie d'une « infrastructure » dans la région de Belgorod, frontalière de l'Ukraine, a déclaré le gouverneur régional par intérim, Alexandre Chouvaïev.
Un contexte de tensions accrues
Cette attaque massive survient au lendemain de bombardements russes particulièrement intenses contre l'Ukraine, qui ont fait au moins 28 morts, dont 26 dans la région de Kiev. Ces frappes russes, décrites comme les plus lourdes depuis plusieurs mois, avaient visé des infrastructures civiles et militaires ukrainiennes.
Le sommet de l'Otan qui se tient à Ankara doit notamment aborder le renforcement du soutien militaire à Kiev, la question de l'adhésion de l'Ukraine à l'Alliance atlantique, ainsi que la situation sur le front. La présence de Volodymyr Zelensky, invité par les dirigeants alliés, souligne l'importance stratégique de cette réunion dans le conflit qui oppose l'Ukraine à la Russie depuis plus de deux ans.
Des attaques de drones répétées
Ces derniers jours, les autorités russes ont signalé plusieurs vagues de drones ukrainiens ciblant Moscou et d'autres régions. Fin juin, 46 drones avaient été abattus au-dessus de la capitale, entraînant la fermeture temporaire de quatre aéroports moscovites. Une autre attaque, le 22 juin, avait également paralysé le trafic aérien dans la région. Ces frappes, bien que souvent interceptées, témoignent de la capacité croissante de l'Ukraine à projeter des engins volants jusqu'au cœur du territoire russe.
Les frappes de drones ukrainiens visent, selon Kiev, des infrastructures militaires et énergétiques russes, dans le cadre d'une stratégie visant à affaiblir la capacité de Moscou à poursuivre la guerre. La Russie dénonce quant à elle des attaques « terroristes » contre des zones civiles.
Réactions internationales
La communauté internationale suit avec attention cette escalade, alors que les discussions diplomatiques se multiplient pour tenter de trouver une issue au conflit. Le sommet de l'Otan à Ankara devrait permettre de coordonner les livraisons d'armes et d'équipements à l'Ukraine, ainsi que de discuter des garanties de sécurité à long terme pour le pays. Aucune réaction officielle n'a pour l'instant été émise par les États-Unis ou l'Union européenne suite à cette nouvelle attaque de drones.
En Russie, l'opinion publique est régulièrement informée des frappes ukrainiennes, présentées comme des actes de « terreur » perpétrés par le régime de Kiev. Les autorités russes assurent que la défense antiaérienne remplit efficacement son rôle, même si des impacts et des dégâts matériels sont parfois signalés.