Les premières discussions directes entre les États-Unis et l'Iran, qui se sont tenues en Suisse, se sont achevées sur une annonce de progrès qualifiés d'« encourageants » par les médiateurs, le Pakistan et le Qatar. Ces derniers ont officialisé la mise en place d'une architecture de négociation comprenant un comité de haut niveau chargé de superviser politiquement le processus et un calendrier de 60 jours pour finaliser un accord global.

Selon le communiqué conjoint des pays médiateurs, les deux parties ont convenu d'établir un comité de haut niveau qui assurera la supervision politique des discussions. Les négociateurs en chef devront rendre compte régulièrement à cette instance et piloter des groupes de travail thématiques, notamment sur le programme nucléaire iranien, les sanctions américaines et les mécanismes de résolution des différends.

Un mécanisme pour le détroit d'Ormuz et une cellule de désescalade pour le Liban

Parallèlement, un canal de communication spécifique a été ouvert concernant la libre circulation dans le détroit d'Ormuz, voie stratégique pour le transport pétrolier. Une « cellule de déconfliction » a également été instituée pour mettre fin aux opérations militaires au Liban, où une trêve semble se maintenir alors que le conflit entre dans son 115e jour.

« Vous n'aurez pas d'accord sur le dossier nucléaire sans un accord sur les sanctions et les avoirs gelés », a commenté Thomas Warrick, chercheur principal non-résident à l'Atlantic Council, cité par les médiateurs. Il a estimé que les discussions techniques à venir seraient « vraiment difficiles » et pourraient prendre plus de temps que les 60 jours prévus dans l'accord intérimaire.

Téhéran se félicite de « progrès majeurs » et exige le retrait israélien du Liban

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a salué des « progrès majeurs » vers la fin de la guerre au Liban et a indiqué que les États-Unis avaient accepté de lever certaines sanctions sur le pétrole iranien et de débloquer une partie des avoirs gelés de la République islamique. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, a pour sa part déclaré que le travail de l'équipe de négociation iranienne en Suisse était désormais « achevé » et que des équipes techniques prendraient le relais cette semaine.

Le chef de la force Qods du Corps des gardiens de la révolution islamique, Esmail Qaani, a lancé un avertissement à Israël, lui enjoignant de se retirer du sud du Liban. Dans un message publié sur les réseaux sociaux et relayé par la télévision d'État iranienne, il a menacé que si Israël persistait dans son « agression et son occupation », il serait chassé « dans l'humiliation et la défaite », faisant référence au retrait israélien unilatéral du Liban en l'an 2000.

Le négociateur iranien rejette les menaces de Trump

Le principal négociateur iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a balayé les dernières menaces proférées par le président américain Donald Trump, qui avait agité la perspective d'une attaque contre l'Iran en raison de son soutien au Hezbollah. Ghalibaf a appelé Washington à « faire attention à sa rhétorique ». De son côté, le Commandement central des forces armées américaines (CENTCOM) a diffusé une photographie de deux avions de chasse effectuant ce qu'il a présenté comme une « patrouille de routine », affirmant que les forces américaines « continuent d'être présentes dans les airs, sur terre et en mer » dans l'ensemble du Moyen-Orient.

Les discussions techniques entre les deux camps doivent se poursuivre dans les jours à venir, les médiateurs espérant que le cadre convenu permettra de traduire les avancées politiques en dispositions concrètes.