Le coup d’envoi de la campagne présidentielle de Bruno Retailleau a pris une dimension singulière samedi 20 juin. Lors de son premier meeting, tenu en pleine canicule, le candidat des Républicains a pu compter sur la présence et le soutien appuyé de Boualem Sansal, écrivain franco-algérien incarcéré pendant plusieurs mois en Algérie avant d’être gracié. L’homme de lettres, qui a fait le déplacement, a marqué les esprits en lançant un slogan appelant au passage du ministre de l’Intérieur à la plus haute fonction de l’État.

Un soutien de poids

Boualem Sansal a pris la parole devant des « milliers » de sympathisants, selon les termes employés par Bruno Retailleau lui-même pour saluer l’affluence malgré les fortes chaleurs. L’écrivain a déclaré que le nom du candidat était devenu « le héros de la prison » où il était détenu. Il a précisé que, durant la quatrième année de son incarcération, le ministre de l’Intérieur s’était imposé comme une figure admirée derrière les barreaux en raison de son combat contre le régime algérien. Puis il a scandé : « Retailleau de Beauvau à l’Élysée ! », une formule qui résume l’ambition présidentielle affichée par l’actuel locataire de la place Beauvau.

En retour, le candidat LR a rendu hommage à Boualem Sansal, le qualifiant de « légende » et soulignant le caractère symbolique de sa présence à ce premier rendez-vous de campagne. Cette image forte, celle d’un opposant à un régime autoritaire soutenant un prétendant à l’Élysée, visait à ancrer la candidature de Bruno Retailleau dans une ligne de fermeté sur les questions de souveraineté et de défense des libertés.

La libération des otages français en Algérie

Le meeting n’a pas seulement été marqué par le soutien de l’écrivain. Bruno Retailleau a également évoqué le sort du journaliste français Christophe Gleizes, emprisonné en Algérie depuis mai 2024. Il a rappelé l’engagement du gouvernement pour obtenir sa libération, dans un contexte de tensions diplomatiques récurrentes entre Paris et Alger. Cette intervention visait à souligner la constance de son action en faveur des Français retenus à l’étranger, un thème qu’il entend porter tout au long de la campagne.

Le candidat a par ailleurs qualifié l’élection présidentielle de 2027 d’« élection de la dernière chance », un message martelé pour convaincre les électeurs de la nécessité d’un changement de cap. Il a insisté sur l’urgence de sortir du « macronisme » et de proposer une alternative crédible face aux défis sécuritaires, migratoires et économiques.

Un meeting sous le signe de la mobilisation

Malgré un épisode de canicule qui touchait une grande partie du territoire, la salle était comble. Bruno Retailleau a remercié les « milliers » de participants venus l’écouter, y voyant un signe de la mobilisation de son camp. Ce premier rassemblement visait à élargir son socle électoral et à rassembler au-delà des seuls adhérents LR, alors que les concurrences internes avec Laurent Wauquiez et Xavier Bertrand, qui ont décliné l’invitation, demeurent.

La journée s’est achevée sur une note d’optimisme pour l’équipe de campagne, qui mise sur la dynamique créée par ce meeting inaugural pour aborder les prochains rendez-vous de la course à l’Élysée. Le soutien de Boualem Sansal, figure médiatique et intellectuelle, pourrait aider Bruno Retailleau à gagner en visibilité et à incarner une ligne dure sur les questions internationales, tout en consolidant son assise à droite de l’échiquier politique.