La campagne pour l'élection présidentielle de 2027 au sein du parti Les Républicains connaît un nouvel épisode de tensions. Laurent Wauquiez, président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, et Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France, ont décidé de ne pas prendre part au meeting que Bruno Retailleau doit tenir prochainement. Ce rassemblement, destiné à mobiliser les troupes du parti autour d'une ligne d'opposition déterminée, se trouve ainsi privé de deux poids lourds de la famille politique.
Cette absence intervient alors que Bruno Retailleau, sénateur de la Vendée et figure de l'aile dure des Républicains, entend donner un nouvel élan à sa formation. L'élu, qui a récemment annoncé sa candidature à la présidence du parti, cherche à imposer un agenda de reconquête. Il a fait savoir qu'il souhaitait « remettre Les Républicains en ordre de bataille » en vue du rendez-vous de 2027, une ambition qui peine cependant à fédérer l'ensemble des cadres du mouvement.
Le refus de Laurent Wauquiez et de Xavier Bertrand de se joindre à ce rassemblement reflète les divergences stratégiques qui traversent la droite française. Le premier, qui fut président du parti jusqu'en 2022, semble vouloir préserver sa liberté de manœuvre pour une éventuelle candidature personnelle à l'Élysée. Le second, ancien ministre du Travail sous Nicolas Sarkozy, n'a jamais caché ses propres ambitions présidentielles et semble peu enclin à se ranger derrière une initiative qu'il ne contrôle pas.
Pour Bruno Retailleau, ce double refus constitue un revers alors qu'il s'efforce de rassembler la famille politique républicaine. Le sénateur mise sur un discours ferme en matière d'immigration et d'identité pour redonner une visibilité à son camp, mais il doit composer avec des ego et des ambitions qui peinent à s'aligner. Certains observateurs y voient le signe d'une guerre froide entre les prétendants à l'investiture suprême.
Du côté des proches des deux absents, on justifie leur absence par des contraintes d'agenda, sans pour autant écarter l'idée d'une divergence de fond. Laurent Wauquiez, qui a entamé ces derniers mois une série de déplacements à travers la France pour tester sa popularité, semble déterminé à tracer sa propre voie. Xavier Bertrand, de son côté, multiplie les prises de parole sur des sujets économiques et sociaux, cherchant à capitaliser sur son ancrage territorial.
Le meeting de Bruno Retailleau, qui doit se tenir dans les prochaines semaines, s'annonce donc comme un test pour sa capacité à mobiliser au-delà de son cercle de fidèles. Sans la présence de deux des figures les plus en vue de son parti, l'événement risque de paraître moins fédérateur que souhaité. Reste à savoir si d'autres personnalités de premier plan, comme le président de la région Île-de-France Valérie Pécresse, ou l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, feront le déplacement.
Cette situation fragilise un peu plus l'unité des Républicains, déjà mise à mal par les échecs électoraux de 2022 et la perte d'influence au profit du Rassemblement national et de la majorité présidentielle. Les prochains mois devraient être décisifs pour savoir si le parti parviendra à s'accorder sur une candidature unique pour 2027 ou s'il se présentera une nouvelle fois divisé.
En attendant, le camp Retailleau tente de minimiser ces absences. « Ce qui compte, c'est le projet que nous portons et la dynamique que nous allons créer », a glissé un de ses proches, tout en reconnaissant que l'absence de Wauquiez et Bertrand n'était « pas idéale ». Les regards se tournent désormais vers les prochaines échéances internes, notamment le congrès du parti prévu pour la fin de l'année, qui pourrait clarifier les rapports de force.