Le Parti communiste français (PCF) a franchi une étape décisive en vue du scrutin présidentiel de 2027. Réunis dans le cadre de leur congrès, les adhérents ont approuvé à 61 % le texte d'orientation porté par leur secrétaire national, Fabien Roussel. Ce vote valide la stratégie d'une candidature communiste autonome, distincte de toute alliance préalable avec d'autres forces de gauche.
La direction du PCF entend ainsi défendre une offre politique indépendante au premier tour. Fabien Roussel, qui avait déjà mené la campagne du parti en 2022 (recueillant alors environ 800 000 voix), a confié au quotidien Le Parisien avoir « de l'appétit pour mener ces combats », suggérant sa volonté de se présenter à nouveau. Il a justifié cette approche en estimant qu'entre le leader de La France insoumise (LFI) Jean-Luc Mélenchon et un candidat social-libéral ou social-démocrate comme Raphaël Glucksmann, il existe un espace pour un candidat de rassemblement présenté par le PCF. « Si nous étions derrière un candidat comme Jean-Luc Mélenchon, notre voix serait tue », a-t-il plaidé.
Des dissensions internes persistantes
Cette orientation ne fait toutefois pas l'unanimité au sein de la formation politique. Lundi sur la chaîne LCP, Stéphane Peu, chef de file des députés GDR à l'Assemblée nationale, a émis des réserves. « Je ne pense pas que ce soit une bonne idée pour le Parti communiste de présenter un candidat », a-t-il déclaré, estimant que la priorité devrait être de « perpétuer un groupe à l'Assemblée nationale » après la perte de la représentation du PCF au Parlement européen. Son texte d'orientation, qui plaidait pour un accord législatif « autour d'un programme de rupture » et une candidature commune à gauche, a recueilli environ 25 % des suffrages. Signe de ce désaccord, Stéphane Peu a participé dimanche au grand meeting de Jean-Luc Mélenchon à Saint-Denis.
Les Insoumis en embuscade
Le positionnement du PCF intervient dans un contexte de tractations intenses à gauche. La France insoumise multiplie les gestes d'ouverture envers les communistes et les écologistes. Un cadre mélenchoniste a expliqué que la ligne de Fabien Roussel « a quand même perdu 20 points » depuis 2023, où le texte de la direction avait obtenu 82 % des voix. Il a également rappelé qu'en 2022, il avait manqué environ 400 000 voix à Jean-Luc Mélenchon pour accéder au second tour, tandis que le candidat communiste en recueillait près de 800 000.
Léon Deffontaines, porte-parole du PCF et proche de Fabien Roussel, a rejeté ces tentatives d'influence. « Les ingérences, notamment de LFI, n'ont pas d'impact en interne, on ne se laisse pas dicter notre orientation », a-t-il affirmé. Il a appelé les députés inquiets pour leur circonscription à « la jouer collectif », arguant que le risque de disparition politique viendrait de l'effacement des idées communistes dans le débat public.
Calendrier à venir
Le congrès du Parti communiste doit se conclure début juillet. La désignation officielle de son candidat à l'élection présidentielle, si elle est confirmée, interviendra à la rentrée de septembre. Ce calendrier laisse encore plusieurs semaines aux différentes sensibilités internes pour faire entendre leur voix, alors que la question de la stratégie électorale du PCF reste un sujet de divergence.