Les militants du Parti communiste français (PCF) ont donné leur feu vert à une candidature indépendante pour l'élection présidentielle de 2027. Ce scrutin interne, organisé avant le 40e congrès du parti prévu début juillet, conforte la ligne défendue par Fabien Roussel, secrétaire national depuis 2018. Ce dernier, qui avait déjà été le candidat communiste en 2022 avec 2,28 % des suffrages, envisage désormais de briguer un second mandat présidentiel.
Un vote qui valide l'autonomie politique
La consultation des adhérents s'est prononcée en faveur d'une stratégie d'autonomie vis-à-vis des autres forces de gauche, notamment La France insoumise et le Parti socialiste. Ce choix marque une rupture avec la logique d'union des gauches qui avait prévalu lors des élections législatives de 2024 sous la bannière du Nouveau Front populaire. Pour les instances dirigeantes du PCF, cette décision permet de préserver l'identité du parti et de défendre des positions spécifiques, notamment sur les questions industrielles, salariales et de souveraineté nationale.
Fabien Roussel en position de force, mais contesté
Bien que conforté par ce vote, le député du Nord doit composer avec des critiques internes. Certains cadres et militants estiment que sa stratégie d'autonomie risque d'isoler le PCF et de réduire son influence électorale. Des voix s'élèvent pour réclamer un rapprochement avec les autres composantes de la gauche, jugé indispensable pour faire barrage à l'extrême droite. Ces tensions internes devraient s'exprimer lors du congrès, où la motion de Roussel est donnée favorite mais pourrait ne pas recueillir l'unanimité.
Un calendrier électoral bien engagé
Le parti communiste entend mener campagne sur des thèmes sociaux et écologiques, tout en mettant en avant son opposition à la réforme des retraites et sa défense des services publics. Roussel, qui s'est fait connaître pour son franc-parler et son ancrage ouvrier, espère capitaliser sur un socle militant fidèle et sur un positionnement distinct dans le paysage politique. L'officialisation de sa candidature est attendue dans les semaines à venir, après la tenue du congrès.
Les implications pour la gauche
Cette décision du PCF complique les perspectives d'une candidature unique de gauche en 2027. Alors que Jean-Luc Mélenchon (LFI) et Olivier Faure (PS) sont également pressentis, la multiplication des candidatures pourrait affaiblir le camp progressiste face à Emmanuel Macron et à Marine Le Pen, donnée favorite des sondages. Les communistes, eux, défendent la diversité des sensibilités et refusent de se fondre dans une alliance qu'ils jugent trop hétéroclite.