Une candidature autonome validée par les militants
Les adhérents du Parti communiste français (PCF) se sont prononcés, ce week-end, en faveur d’une candidature indépendante pour l’élection présidentielle de 2027. Cette décision, officialisée par la formation politique, écarte l’hypothèse d’un ralliement sans conditions à une candidature unique de la gauche. Le choix des militants ouvre la voie à une présence communiste au premier tour du scrutin, y compris si cela devait se faire sans accord préalable avec les autres forces du camp progressiste.
Fabien Roussel prêt à repartir en campagne
Interrogé ce mardi 9 juin, le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, a confirmé ne pas écarter l’idée de briguer un second mandat présidentiel. « La question se pose, et je ne dis pas non », a-t-il déclaré, laissant entendre qu’il pourrait de nouveau être le candidat de son parti, cinq ans après avoir obtenu 2,3 % des suffrages en 2022. Selon lui, la validation interne d’une candidature autonome « donne une légitimité à cette perspective ». Il a toutefois précisé que la décision finale reviendrait aux instances du parti.
Des distances affirmées avec Jean-Luc Mélenchon et LFI
Dans ses déclarations, Fabien Roussel a pris soin de distinguer la ligne politique des communistes de celle de La France insoumise (LFI). « Nous sommes différents de LFI », a-t-il martelé, estimant qu’il n’existe « pas une seule gauche qui serait représentée par Jean-Luc Mélenchon ». Cette prise de position intervient dans un contexte de tensions récurrentes entre les deux formations, qui peinent à s’entendre sur une stratégie commune pour 2027. Le secrétaire national du PCF a souligné que son parti défend une « gauche de transformation sociale, ancrée dans les territoires et les luttes, mais aussi responsable et républicaine », en opposition implicite à la radicalité attribuée à LFI.
Un congrès du PCF en perspective
La feuille de route électorale du PCF devrait être précisée lors de son prochain congrès, prévu dans les mois à venir. Ce rendez-vous interne sera l’occasion de trancher formellement sur la stratégie présidentielle et le choix du ou de la candidate. Fabien Roussel a indiqué que le parti devra « construire une dynamique collective » et que son éventuelle candidature ne serait qu’un élément d’un projet plus large porté par l’ensemble des communistes.
Un paysage de gauche fragmenté
Cette décision du PCF ajoute une nouvelle pièce à un jeu déjà complexe à gauche. Alors que le Nouveau Front populaire (NFP), qui avait permis une union relative lors des législatives anticipées de 2024, semble en voie d’essoufflement, plusieurs formations (socialistes, écologistes, insoumis, communistes) peinent à s’accorder sur une candidature commune pour 2027. Le choix des militants communistes de faire cavalier seul pourrait compliquer les discussions, mais Roussel assure que son parti « reste ouvert à des convergences sur des projets », sans pour autant accepter un effacement derrière une autre force politique.
Vers une candidature communiste revendiquée
En validant une candidature autonome, le PCF semble vouloir exister par lui-même dans le débat présidentiel, plutôt que de se fondre dans une candidature unitaire dominée par LFI. Pour Fabien Roussel, il s’agit de redonner une visibilité au communisme français, après des années de déclin électoral. Le secrétaire national a conclu en affirmant que « les communistes ont leur mot à dire dans le débat national », et que le parti entend peser sur les orientations du pays, quelles que soient les alliances à venir.