La chaîne de prêt-à-porter Mango a dévoilé un plan d’expansion ambitieux pour le marché français. D’ici à 2028, le groupe prévoit l’ouverture de 45 nouveaux points de vente sur le territoire national, un mouvement qui devrait s’accompagner de la création de près de 700 emplois.

Cet investissement, chiffré à 66 millions d’euros, vise à densifier la présence de la marque en dehors des grandes agglomérations où elle est déjà fortement implantée. L’entreprise entend ainsi capter une clientèle élargie en s’installant dans des villes de taille moyenne et dans des zones commerciales périurbaines.

Un réseau déjà conséquent

Mango dispose actuellement de plusieurs centaines de boutiques en France, ce qui en fait l’un de ses marchés les plus importants en Europe. Avec cette nouvelle vague d’ouvertures, le groupe espagnol portera son maillage à un niveau encore inédit, tout en consolidant sa logistique et ses équipes sur place.

Les recrutements annoncés concernent principalement des postes en magasin – vendeurs, responsables de rayon, managers – mais aussi des fonctions supports au siège et dans les entrepôts. Les contrats proposés seront pour l’essentiel des CDI, selon les informations communiquées par la direction.

Une stratégie de proximité

Le choix de cibler des villes moyennes répond à une évolution des habitudes de consommation. Après avoir longtemps concentré ses efforts sur les centres-villes des grandes métropoles, Mango mise désormais sur une implantation de proximité, jugée plus résiliente face à la concurrence du commerce en ligne.

Cette orientation s’inscrit dans une dynamique plus large de retour des enseignes de prêt-à-porter vers des formats physiques, après une phase de rationalisation durant la pandémie. Le groupe entend tirer parti de la baisse des loyers dans certaines zones et de la disponibilité de surfaces commerciales.

Un marché français stratégique

La France représente historiquement le deuxième marché de Mango, derrière l’Espagne. Le chiffre d’affaires réalisé dans l’Hexagone a progressé ces dernières années, porté par une image de marque associée à un bon rapport qualité-prix et par une offre renouvelée régulièrement.

L’investissement de 66 millions d’euros confirme la confiance du groupe dans le potentiel de croissance du marché français, malgré un contexte économique marqué par une inflation persistante et une concurrence accrue de la part des acteurs du low-cost et des pure players.

Un calendrier échelonné

Les ouvertures s’étaleront sur quatre ans, de 2025 à 2028. Les premières implantations devraient avoir lieu dans les régions où la marque est encore peu présente, notamment dans le Grand Est, les Hauts-de-France et l’Occitanie. Chaque nouveau magasin fera l’objet d’une adaptation à l’environnement local, tant en termes de superficie que de gamme de produits.

Le groupe n’a pas précisé le nombre exact de boutiques qui ouvriront chaque année, mais a indiqué que le rythme s’accélérera progressivement à mesure que la logistique et les équipes de recrutement monteront en puissance.

Un signal positif pour l’emploi

Cette annonce intervient dans un contexte où le secteur du commerce de détail connaît des tensions sur le recrutement. Les près de 700 postes proposés par Mango représentent une opportunité non négligeable pour les demandeurs d’emploi, en particulier dans les régions où le taux de chômage reste élevé.

La direction a souligné que la priorité serait donnée aux recrutements locaux, avec des formations assurées en interne. Les profils recherchés vont des jeunes en début de carrière aux salariés expérimentés, avec une attention particulière portée à la diversité des candidatures.

Un pari sur le retail physique

Alors que le commerce en ligne continue de grignoter des parts de marché, l’investissement massif de Mango dans le canal physique peut surprendre. Mais le groupe parie sur la complémentarité entre les deux canaux, avec une expérience client enrichie en magasin (essayage, conseil, retours simplifiés) et une intégration poussée avec sa plateforme numérique.

Ce modèle omnicanal est présenté comme un facteur clé de fidélisation. Les clients peuvent par exemple commander en ligne et retirer en boutique, ou bénéficier de promotions exclusives en magasin via l’application de la marque.

Un précédent réussi

Mango n’en est pas à son premier plan d’expansion en France. Le groupe avait déjà ouvert une trentaine de magasins entre 2020 et 2024, avec des résultats jugés satisfaisants. La nouvelle phase vise à capitaliser sur cette dynamique et à atteindre une taille critique dans les zones où la concurrence est encore faible.

L’entreprise affiche par ailleurs une santé financière solide, avec un chiffre d’affaires global en hausse et une rentabilité retrouvée après les années de crise sanitaire. Cela lui donne les moyens de ses ambitions.

Des retombées attendues

Au-delà de l’emploi direct, l’installation de nouveaux magasins Mango devrait générer des retombées économiques locales : travaux, sous-traitance, services de nettoyage et de sécurité, sans compter l’attractivité commerciale accrue pour les zones concernées.

Les collectivités territoriales ont été associées au projet en amont, et plusieurs d’entre elles ont fait part de leur intérêt pour accueillir les nouvelles boutiques. Les discussions sont en cours pour finaliser les implantations.

Mango confirme ainsi sa volonté de rester un acteur majeur du prêt-à-porter en France, dans un secteur en pleine mutation. Reste à savoir si ce pari sur le commerce physique portera ses fruits face à la montée en puissance du e-commerce.