Le contrecoup financier de l'échec judiciaire du prince Harry dans son action contre le groupe Associated Newspapers, éditeur du Daily Mail, s'annonce particulièrement lourd. Alors que la Haute Cour de Londres a rejeté sa plainte pour atteinte à la vie privée, des évaluations internes font état d'une facture potentielle dépassant les 50 millions d'euros, soit environ 43 millions de livres sterling.
Cette estimation engloberait non seulement les honoraires des avocats engagés par le duc de Sussex depuis le début de la procédure, mais aussi les dépens qu'il devra rembourser à la partie adverse, conformément à la règle britannique du « loser pays » (le perdant paie). À cela s'ajouteraient les frais liés à la gestion du dossier pour le compte de plusieurs autres plaignants qui s'étaient joints à l'action collective.
Un risque financier disproportionné
L'affaire, jugée en juillet 2026, portait sur la publication d'articles que le prince estimait intrusifs dans sa vie privée. Le tribunal a donné raison à l'éditeur, estimant que les informations divulguées relevaient d'un intérêt public légitime. Ce verdict expose désormais le plaignant à une addition salée, d'autant que la défense juridique de son adversaire, représenté par un cabinet réputé, a été particulièrement coûteuse.
Selon des analystes juridiques, le montant final pourrait encore grimper si Associated Newspapers demande le paiement intégral de ses frais de procédure, une pratique courante dans le droit britannique. Le juge pourrait également fixer des intérêts sur les sommes dues depuis le début du litige, alourdissant encore la note.
Des précédents onéreux
Cette affaire n'est pas la première à mettre en lumière les risques financiers des actions en diffamation ou en atteinte à la vie privée engagées par des personnalités publiques. Le prince Harry, qui a multiplié les poursuites contre la presse britannique, avait déjà été condamné par le passé à verser des dommages-intérêts. Toutefois, l'ampleur de la somme potentielle dans ce dossier est sans précédent pour un membre de la famille royale.
L'équipe juridique du duc de Sussex a indiqué qu'elle étudiait les possibilités d'un appel, mais les chances de succès sont jugées faibles par plusieurs observateurs. Une telle démarche retarderait le paiement, mais pourrait aussi accroître les frais déjà engagés.
Conséquences pour les autres plaignants
Le jugement pourrait avoir des répercussions au-delà du seul cas du prince Harry. D'autres personnalités, comme l'actrice Elizabeth Hurley ou l'homme d'affaires David Furnish, s'étaient jointes à la plainte collective. Le rejet de l'action pourrait les dissuader de poursuivre leurs propres recours, ou les amener à négocier à l'amiable pour éviter des frais similaires.
Une décision qui fait jurisprudence
La décision de la Haute Cour est également scrutée par les médias britanniques, car elle précise les limites de la protection de la vie privée face à la liberté de la presse. En l'espèce, le juge a considéré que les articles incriminés contribuaient à un débat d'intérêt général, notamment sur les activités caritatives et les déclarations publiques du prince. Ce critère pourrait désormais être invoqué plus souvent dans des affaires similaires.
Le duc de Sussex, qui réside désormais aux États-Unis avec sa famille, n'a pas commenté publiquement le montant des frais qu'il pourrait devoir acquitter. Mais cette facture colossale vient s'ajouter à une série de déconvenues juridiques pour celui qui avait promis de réformer la presse britannique et de défendre sa vie privée devant les tribunaux.