Le prince Harry a perdu son procès contre l’éditeur du tabloïd britannique Daily Mail, a tranché mardi la Haute Cour de justice de Londres. Le juge a rendu une décision écrite défavorable au duc de Sussex et à plusieurs autres plaignants de premier plan, qui accusaient le groupe Associated Newspapers d’avoir eu recours à des méthodes illégales pour recueillir des informations personnelles entre 1993 et 2011.

Le tribunal a estimé que les preuves présentées ne suffisaient pas à établir les faits de piratage téléphonique et d’intrusion dans la vie privée. L’éditeur, qui possède également le Mail on Sunday, avait toujours nié ces allégations, les qualifiant de « ridicules ». Selon la défense, les quelque cinquante articles contestés s’appuyaient sur des sources légitimes, parmi lesquelles des amis, des collaborateurs royaux et des attachés de presse.

Un revers après deux victoires judiciaires

Ce jugement constitue un coup d’arrêt dans la série de batailles juridiques que mène le prince Harry contre la presse britannique. En 2023, il avait obtenu gain de cause et des dommages-intérêts contre le Mirror Group, dont le tribunal avait reconnu les pratiques de piratage. Un an plus tard, en janvier 2025, il avait conclu un accord avec News Group Newspapers, filiale de Rupert Murdoch : le groupe avait versé des indemnités substantielles et présenté des excuses pour ses agissements illicites.

Outre le prince, les plaignants comprenaient le chanteur Elton John et son époux David Furnish, les actrices Liz Hurley et Sadie Frost, un ancien ministre britannique et une militante pour la justice raciale. Tous affirmaient avoir été victimes de méthodes intrusives de la part du tabloïd.

Des frais de procédure colossaux

L’enjeu financier était considérable. Le procès, qui s’est tenu à Londres de janvier à mars 2026, a généré des frais juridiques estimés à environ 40 millions de livres sterling, soit près de 53,5 millions de dollars, d’après les chiffres communiqués à la cour par les deux parties. Conformément au droit britannique, la partie perdante devra s’acquitter de l’essentiel de ces coûts.

Le prince Harry, qui réside désormais en Californie avec son épouse Meghan Markle et leurs enfants, se trouvait au Royaume-Uni pour une visite au moment du jugement. Il avait témoigné en janvier, une première pour un membre de la famille royale depuis 130 ans, décrivant son combat comme une « misère absolue » pour sa femme.

Le verdict intervient alors que les relations entre le duc de Sussex et la presse britannique restent extrêmement tendues. Cette affaire était la dernière en date parmi les poursuites intentées par Harry contre les tabloïds pour violation de la vie privée.