Un pic de chaleur en phase de décrue

Après plusieurs jours de températures étouffantes, le mercure entame une lente décrue sur la majeure partie du pays. Météo-France a levé les vigilances orange pour un grand nombre de départements, même si une trentaine de territoires demeurent en alerte en raison des fortes chaleurs persistantes dans le sud-est et le long de la vallée du Rhône. Les maximales attendues mercredi 8 juillet atteignent encore 41 à 42 °C près des côtes du Languedoc-Roussillon, selon les prévisions de l'organisme.

Mais le soulagement apparent ne doit pas faire oublier le principal danger sanitaire de cette fin de vague de chaleur : l'« effet retard ». Les autorités médicales redoutent une survenue différée des décès et des hospitalisations, la déshydratation, les coups de chaleur et les complications cardiovasculaires pouvant se déclarer plusieurs jours après l'exposition aux températures extrêmes. Ce phénomène, bien documenté, s'était manifesté lors de la canicule de 2003 : les surmortalités avaient continué de grimper alors même que le thermomètre baissait.

Un troisième épisode caniculaire en moins de deux mois

Cet épisode de chaleur intense, qualifié de « sévère et durable » par Météo-France, est le troisième en l'espace de deux mois, après celui de la fin mai et la vague de chaleur de la deuxième quinzaine de juin. La répétition de ces vagues éprouve les organismes, en particulier les plus fragiles, et accroît les risques de cumul des effets délétères. Selon les données du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), les réserves d'eau souterraines poursuivent leur dégradation : au 1er juillet, 54 % des nappes phréatiques se situaient en dessous de leur niveau normal, un indicateur supplémentaire de la pression climatique.

Les services de soins d'urgence, déjà sous tension lors des précédents pics, se préparent à une nouvelle vague de patients. Les hôpitaux, qui avaient bénéficié d'un déblocage de 50 millions d'euros fin juin pour financer des équipements de rafraîchissement (climatiseurs mobiles, brumisateurs, fontaines à eau), continuent d'accueillir des personnes âgées et des malades chroniques victimes de la chaleur. Le ministère de la Santé n'a pas communiqué de bilan actualisé des passages aux urgences ni des décès excédentaires depuis le dernier point.

Risque incendie toujours très élevé

Parallèlement, la menace des feux de forêt reste extrême dans la moitié sud du pays. Les autorités ont mis en garde contre des risques « très sévères » d'incendie pour la journée de mercredi, combinés à des vents renforcés. Plusieurs départs de feu ont déjà été signalés ces derniers jours, mobilisant des moyens aériens et terrestres considérables. Les pompiers appellent les promeneurs et les riverains à la plus grande vigilance, notamment dans les massifs du Gard, des Bouches-du-Rhône et du Var.

Des perturbations continues dans la vie quotidienne

Les fortes chaleurs perturbent également le réseau électrique. À Paris comme à Marseille, des coupures de courant localisées ont été rapportées en raison de la surchauffe des câbles souterrains, qui peuvent atteindre jusqu'à 80 °C en surface dans les zones bitumées, selon Enedis. Dans la cité phocéenne, où se déroule le Mondial la Marseillaise de pétanque, une ombrière de 400 m² équipée de brumisateurs a été installée pour protéger les participants.

Des signes encourageants, mais une vigilance maintenue

La décrue des températures, attendue dans les prochains jours dans une grande partie du territoire, pourrait offrir un répit bienvenu. Mais les autorités insistent sur la nécessité de maintenir une hydratation régulière et de continuer à surveiller les personnes isolées, âgées ou souffrant de pathologies chroniques. Le système de santé reste en alerte, avec des équipes renforcées dans les services d'urgence et les Ehpad, afin de faire face à l'« effet retard » redouté.

Le précédent de 2003, où la surmortalité avait persisté plusieurs semaines après la vague de chaleur, incite à ne pas baisser la garde trop tôt. Les autorités sanitaires recommandent donc de ne pas relâcher les gestes de prévention avant un retour durable à des températures plus clémentes.