Donald Trump a une nouvelle fois fait monter la pression sur les alliés de l'Otan. Reçu par le secrétaire général de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord, Mark Rutte, le chef de l'État américain a exprimé mardi 23 juin son mécontentement face à l'attitude de plusieurs pays membres, qu'il juge peu solidaires dans le cadre du conflit qui oppose Washington à Téhéran.
«On nous a laissés tomber», a-t-il lancé, déplorant que certains partenaires aient refusé de se joindre aux opérations militaires américaines contre l'Iran. «Quand nous voulons de l'aide, ils disent non», a-t-il ajouté, avant d'agiter la menace d'une réciprocité. Selon plusieurs sources, le président a clairement suggéré que, si un jour ces mêmes pays réclamaient le soutien des États-Unis, ils risquaient de se heurter à un refus. «Si nous avons besoin d'eux et qu'ils ne sont pas là, alors nous ne serons pas là non plus quand ils auront besoin de nous», aurait-il averti.
Cette sortie intervient alors que les relations entre l'administration Trump et ses partenaires européens sont régulièrement tendues sur la question du partage des charges financières au sein de l'Alliance. Depuis son retour à la Maison-Blanche, le locataire du Bureau ovale n'a cessé de répéter que les pays ne consacrant pas au moins 2 % de leur produit intérieur brut à la défense ne pouvaient pas compter sur une protection automatique des États-Unis.
Un contexte de guerre avec l'Iran
Les déclarations du président américain s'inscrivent dans un contexte de tensions extrêmes avec la République islamique. Les États-Unis mènent depuis plusieurs semaines des frappes et des opérations militaires contre des cibles iraniennes, dans le cadre d'une escalade qui a suscité des réserves parmi plusieurs alliés traditionnels de Washington. Certains pays membres de l'Otan ont refusé de s'engager militairement ou de fournir un soutien logistique direct, ce qui a provoqué la colère de la Maison-Blanche.
Lors de son entretien avec Mark Rutte, Donald Trump a souligné que cette absence de solidarité était inacceptable, alors même que les États-Unis garantissent la sécurité de l'Europe depuis des décennies. Il a également reproché à certains gouvernements européens de critiquer les méthodes américaines sans apporter d'alternative concrète.
Mark Rutte, de son côté, a tenté de calmer le jeu en rappelant l'importance de l'unité au sein de l'Alliance. Il a souligné que l'Otan restait une organisation fondée sur le principe de défense collective, mais que des désaccords ponctuels ne devaient pas remettre en cause l'engagement commun. Aucune déclaration publique n'a été fauite à l'issue de cette rencontre.
Une menace récurrente
Ce n'est pas la première fois que Donald Trump brandit la menace de ne pas défendre des alliés jugés insuffisamment coopératifs. Durant son précédent mandat, il avait déjà suscité l'inquiétude en suggérant que les États-Unis pourraient ne pas protéger les pays ne respectant pas leurs engagements financiers. Depuis son retour au pouvoir, il a multiplié les signaux d'agacement, y compris envers des partenaires historiques comme l'Allemagne ou la France.
Les propos tenus devant Mark Rutte marquent toutefois une escalade dans le ton, puisqu'ils lient directement la non-participation à l'opération iranienne à un possible refus d'assistance future. Cette position, si elle était confirmée par des actes, pourrait profondément fragiliser la crédibilité de l'article 5 du traité de l'Otan, qui prévoit qu'une attaque contre un membre est considérée comme une attaque contre tous.
Les réactions des capitales européennes n'ont pas tardé. Plusieurs diplomates ont fait savoir, sous couvert d'anonymat, que ces menaces étaient «contre-productives» et qu'elles risquaient d'affaiblir la cohésion de l'Alliance au moment où la sécurité du continent est déjà mise à l'épreuve par d'autres crises, notamment en Ukraine. Aucun gouvernement n'a pour l'instant officiellement répondu aux accusations de la Maison-Blanche.
En attendant, l'administration Trump poursuit ses opérations contre l'Iran, espérant convaincre – ou contraindre – ses alliés à se joindre à l'effort militaire. Mais les paroles du président américain laissent planer une ombre sur l'avenir des relations transatlantiques.