Plusieurs banques internationales sont en compétition pour organiser le financement du rachat du groupe britannique Intertek par le fonds de capital-investissement EQT. Selon des informations concordantes, les établissements financiers proposent des paquets de dette d’environ 5 milliards de livres (6,7 milliards de dollars) destinés à soutenir la transaction, qui valorise l’entreprise de tests et de certification environ 9,3 milliards de livres.

Les contours du financement

Le montage de la dette, qui représenterait un peu plus de la moitié du prix total d’acquisition, est un enjeu majeur dans la finalisation de l’opération. Les banques cherchent à se positionner comme arrangeurs principaux de ce que les observateurs décrivent comme l’un des plus importants financements par emprunt liés à un rachat par effet de levier au Royaume-Uni cette année. Le conseil d’administration d’Intertek a donné son accord de principe à l’offre d’EQT, qui prévoit le retrait de la cote de la société.

Un énième départ de la Bourse de Londres

Cette acquisition s’inscrit dans une tendance plus large de sorties de la Bourse de Londres de sociétés britanniques, attirées par des valorisations jugées plus élevées offertes par les fonds d’investissement privés. Intertek, société du FTSE 100 spécialisée dans les services d’inspection, de tests et de certification, rejoint ainsi une liste croissante d’entreprises ayant choisi de quitter la place financière londonienne. Le phénomène suscite des interrogations quant à l’attractivité du marché boursier britannique, même si le montant de la transaction reste inférieur à celui d’opérations emblématiques comme le rachat d’Arm Holdings par SoftBank en 2016.

La réaction des acteurs

L’offre d’EQT, d’un montant total de 9,3 milliards de livres (environ 12,3 milliards de dollars), devrait être formellement soumise aux actionnaires d’Intertek dans les semaines à venir. Les banques impliquées dans la course au financement devraient soumettre leurs propositions définitives dans un délai rapproché. Le fonds suédois, déjà actif dans le secteur des services industriels, renforce ainsi sa présence dans le domaine des services de conformité et de qualité.

Implications pour le marché

Cette opération relance le débat sur la capacité de la Bourse de Londres à retenir ses grandes capitalisations. Alors que les flux de capitaux vers le non-coté se multiplient, la place financière britannique peine à attirer de nouvelles introductions en bourse de taille significative. Les spécialistes s’interrogent sur les conséquences à long terme de cette évolution pour la liquidité et la diversité du marché actions londonien. La finalisation du rachat d’Intertek pourrait intervenir d’ici la fin de l’année, sous réserve de l’approbation des autorités réglementaires et des actionnaires.