Le tribunal judiciaire de Paris a prononcé, mardi 16 juin, la relaxe de Nicolas G., un ancien animateur périscolaire poursuivi pour des agressions sexuelles sur neuf mineures. Les faits, qui se seraient déroulés dans une école parisienne, ont été examinés par les juges, lesquels ont estimé que l’infraction n’était « pas suffisamment caractérisée ». Si la décision reconnaît l’existence de « comportements inadaptés », elle écarte toute intention criminelle, condition nécessaire à une condamnation.
Des réactions de colère et d’incompréhension
Le verdict a immédiatement provoqué une vague d’indignation parmi les parents d’élèves et les associations de défense des victimes. Une plaignante, s’exprimant au nom des familles concernées, a dénoncé une décision qui, selon elle, envoie un message désastreux : « Le signal envoyé est d’une gravité absolue », a-t-elle déclaré. Elle a estimé que la justice n’était « pas du côté des enfants », ajoutant : « On demande aux enfants de parler, mais la justice n’est pas de leur côté. »
Élisabeth Guthmann, cofondatrice du collectif SOS Périscolaires, a également réagi vivement. « La justice rajoute un nouveau traumatisme aux victimes », a-t-elle déploré, soulignant le sentiment d’abandon ressenti par les familles. Le journaliste Jules Torres a, pour sa part, fustigé l’attitude de l’institution judiciaire, affirmant que « l’État est incapable de protéger nos enfants mais protège les bourreaux ».
Un contexte de malaise plus large
Cette relaxe intervient dans un climat de méfiance croissante envers le système périscolaire parisien, déjà ébranlé par plusieurs affaires de violences et d’agressions. Les parents dénoncent un « système qui a refusé d’entendre la parole des enfants », selon les mots d’Ivan Rioufol, autre voix critique. Le collectif SOS Périscolaires, fondé en réaction à ces scandales, réclame depuis plusieurs mois une refonte des procédures de signalement et de protection des mineurs.
Les neuf fillettes, âgées de 6 à 10 ans au moment des faits présumés, avaient décrit des attouchements et des gestes déplacés lors des activités périscolaires. Malgré ces témoignages, les juges ont considéré que les éléments recueillis ne permettaient pas d’établir la culpabilité de l’animateur au-delà de tout doute raisonnable.
Une décision qui interroge
Si la relaxe est définitive – aucun appel n’a été annoncé à ce stade –, elle relance le débat sur l’évaluation de la parole des enfants en justice. Les associations estiment que les critères juridiques actuels, notamment l’exigence d’une intention criminelle caractérisée, constituent un obstacle à la protection des mineurs. « La justice impose aux enfants un niveau de preuve qu’ils ne peuvent pas fournir », résume une porte-parole du collectif.
Le parquet de Paris, joint par l’AFP, n’a pas souhaité commenter le jugement. L’animateur relaxé, qui a toujours nié les faits, n’a pas fait de déclaration publique depuis l’audience.
Cette affaire pourrait avoir des répercussions politiques, alors que plusieurs élus locaux ont appelé à une révision des protocoles de surveillance dans les accueils périscolaires. Le gouvernement, pour l’heure, n’a pas réagi officiellement.