Un rapport parlementaire remis ce jeudi à la commission des Finances de l’Assemblée nationale met en garde contre les conséquences financières de l’extension du repas à 1 euro à l’ensemble des étudiants. Rédigé par Charles Sitzenstuhl, député (Renaissance) et rapporteur spécial chargé de l’Enseignement supérieur, le document dénonce « la mise en danger du modèle économique » des centres régionaux des œuvres universitaires et scolaires (Crous).

Des premiers chiffres de fréquentation déjà élevés

Entrée en vigueur en mai dernier, la mesure suscite des inquiétudes croissantes au sein des Crous. Selon le rapport, les premiers indicateurs de fréquentation des restaurants universitaires sont déjà très élevés, laissant présager une hausse durable de l’affluence à la rentrée. Les échanges entre les agents des Crous et le ministère ont « révélé une certaine fébrilité », écrit le député, qui anticipe des difficultés d’organisation et de personnel.

Tensions sur les personnels et dilution de l’aide

Le rapport relève plusieurs facteurs de fragilisation. D’une part, les tensions sur les effectifs s’accentuent, les équipes devant gérer un nombre accru de convives sans moyens supplémentaires. D’autre part, la généralisation du tarif unique à 1 euro « dilue » l’aide apportée aux étudiants les plus précaires, qui bénéficiaient auparavant d’un ciblage prioritaire. Le document qualifie les surcoûts engendrés par la mesure de « pas absorbables » dans le cadre budgétaire actuel des Crous.

Un modèle économique sous pression

Les Crous, qui assurent la restauration et l’hébergement des étudiants, fonctionnent avec des subventions de l’État et des recettes propres. Le rapport souligne que la baisse artificielle du prix du repas, sans compensation intégrale, creuse le déficit de ces établissements. Charles Sitzenstuhl appelle à une réévaluation rapide du dispositif, estimant que sa pérennité est compromise si aucun ajustement n’est apporté.

Des propositions d’ajustement attendues

Si le document ne détaille pas de solutions alternatives, il invite le gouvernement à revoir le ciblage de l’aide ou à prévoir des financements dédiés. La commission des Finances devrait examiner le rapport ce jeudi, et des débats sont attendus dans les semaines à venir sur l’avenir du repas à 1 euro pour tous.