Réquisitoire sans appel

Au terme d’un procès qui a duré plusieurs semaines devant la cour d’assises du Var, l’avocat général a requis, le 2 juillet, une peine de trente années de réclusion criminelle à l’encontre de Marie-Thérèse Garcia, 79 ans, surnommée « Ma Dalton » par la presse. L’accusée est jugée pour l’assassinat de sa belle-sœur, Corinne Di Dio, disparue en 2019. Le parquet a estimé que le dossier établissait « une préméditation évidente » et que l’acte constituait « ce que l’on peut difficilement imaginer de pire comme crime », selon les termes employés par le magistrat lors de son réquisitoire.

Les faits reprochés

Corinne Di Dio, âgée de 62 ans au moment des faits, avait été vue pour la dernière fois à son domicile de La Londe-les-Maures, dans le Var. Son corps n’a jamais été retrouvé, mais des traces de sang et des témoignages ont conduit les enquêteurs à soupçonner Marie-Thérèse Garcia. L’accusée, une septuagénaire à l’époque des faits, a toujours nié toute implication, clamant son innocence depuis le début de la procédure. Pendant l’audience, ses filles ont livré un témoignage accablant, rapportant que leur mère « voulait piéger » sa belle-sœur et qu’elle nourrissait une animosité ancienne à son égard. Des tensions familiales profondes et des conflits d’héritage ont été évoqués comme possible mobile.

Une personnalité clivante

Les débats ont également été marqués par l’examen de la personnalité de l’accusée, décrite comme « autoritaire et manipulatrice » par les experts psychiatres. Son surnom de « Ma Dalton », en référence à la célèbre mère de la bande dessinée, lui a été attribué en raison de son rôle présumé de commanditaire au sein d’un cercle familial où elle exerçait une forte influence. La défense, de son côté, a tenté de démontrer l’absence de preuves matérielles directes, arguant que l’enquête reposait sur des présomptions et des témoignages sujets à caution. Les avocats de Marie-Thérèse Garcia ont plaidé l’acquittement, estimant que le doute devait profiter à leur cliente.

Les réactions de la famille

Du côté de la partie civile, les proches de Corinne Di Dio ont exprimé leur soulagement après les réquisitions. « Nous attendions que la vérité soit dite, et la demande de trente ans montre que la justice a pris la mesure de l’horreur de ce qui a été fait à notre sœur », a déclaré le frère de la victime à l’issue de l’audience. La fille de l’accusée, entendue comme témoin, a confié son sentiment de « trahison » et expliqué qu’elle avait choisi de coopérer avec la justice pour « que ce cauchemar s’arrête ».

Délibéré attendu

La cour s’est retirée pour délibérer. Le verdict est attendu dans les prochains jours. Si elle est reconnue coupable, Marie-Thérèse Garcia, déjà incarcérée depuis 2020, pourrait devenir la détenue la plus âgée à purger une longue peine en France. Son âge avancé et son état de santé ont été évoqués par la défense comme des éléments à prendre en compte, mais le parquet a estimé que la gravité des faits justifiait une peine sévère, indépendamment de l’âge. L’issue de ce procès hors norme est suivie avec attention, tant par les spécialistes du droit que par l’opinion publique.