Washington – Alors qu’une vague de chaleur extrême frappe une grande partie de l’est des États-Unis, l’administration Trump a pris une mesure inédite : les centres de données doivent désormais activer leurs générateurs de secours pour alléger la pression sur le réseau électrique. Le secrétaire à l’Énergie, Chris Wright, a donné cette instruction cette semaine aux gestionnaires de réseaux, alors que la demande d’électricité s’approche de niveaux historiques.
La zone la plus concernée regroupe treize États du Mid-Atlantic, où se trouve la plus forte concentration de centres de données au monde. Le gestionnaire principal, PJM, dont le réseau s’étend de Chicago à Virginia Beach et couvre la majeure partie de la Pennsylvanie, du Maryland et du New Jersey, prévoit que la demande atteindra jeudi un pic jamais vu depuis vingt ans. « Le maintien d’une électricité abordable, fiable et sûre dans le territoire de service de PJM n’est pas négociable », a déclaré Chris Wright.
Cette décision révèle la tension croissante sur le réseau, exacerbée par l’essor des centres de données dédiés à l’intelligence artificielle. Ces installations consomment d’énormes quantités d’électricité, contribuant à une flambée des coûts qui pèse déjà sur des industries lourdes comme la sidérurgie américaine, comme l’avaient souligné des analyses récentes. L’ordre du département de l’Énergie vise à éviter des coupures forcées en période de canicule, mais il suscite des inquiétudes environnementales.
Des générateurs de secours très polluants
Des experts en énergie redoutent que le recours massif aux systèmes de secours n’accroisse fortement la pollution atmosphérique dans les zones résidentielles. Les générateurs de secours fonctionnent en général au diesel ou au gaz naturel et rejettent davantage d’oxydes d’azote, de particules fines et d’autres émissions nocives que les grandes centrales électriques ou les parcs solaires et éoliens. Leur utilisation prolongée pourrait donc dégrader la qualité de l’air localement, alors même que le réseau peine à répondre à la demande.
PJM en retard sur le stockage d’énergie
Contrairement aux réseaux de la Californie et du Texas, PJM a tardé à installer des batteries de stockage capables de soutenir le système lors des vagues de chaleur ou de froid. La Californie, elle, n’a pas eu besoin de demander des économies d’électricité pendant les périodes de forte demande depuis plusieurs années, grâce à l’ajout de nombreuses batteries de la taille d’un conteneur maritime. Ce retard expose le Mid-Atlantic à des vulnérabilités accrues lors des épisodes climatiques extrêmes.
PJM a déjà émis un avertissement de canicule valable au moins jusqu’à vendredi et a ordonné aux centrales d’être disponibles à leur capacité maximale pour garantir une électricité suffisante. La pression sur le réseau pourrait cependant s’intensifier à mesure que la demande des centres de données d’IA continue de croître, et que les infrastructures de production et de stockage peinent à suivre.