Le feuilleton judiciaire autour de la reprise de Fibre Excellence entre dans sa phase ultime. Le tribunal de commerce de Paris a fixé au 10 juillet l'audience au cours de laquelle il devra statuer sur le plan de reprise déposé par le banquier d'affaires Matthieu Pigasse. Cette échéance constitue le dernier délai pour conforter le sauvetage de l'usine de pâte à papier, dont l'avenir est suspendu à cette décision.
Matthieu Pigasse avait officiellement soumis une offre de reprise au début du mois de juillet, tout en interpellant l'État pour obtenir un engagement financier et industriel. Son projet prévoit notamment la poursuite de l'activité et la préservation des emplois, mais sa viabilité dépend encore de garanties publiques et de l'accord des créanciers.
Inquiétude des représentants du personnel
Les syndicats de Fibre Excellence ont exprimé leur mécontentement face à l'absence de communication du tribunal de commerce depuis le dépôt de l'offre. Ils réclament des assurances écrites sur le maintien des postes, les conditions de travail et les investissements futurs. Selon eux, le silence de la juridiction alimente les craintes d'une issue défavorable pour les 350 salariés du site.
« Nous attendons des réponses concrètes et rapides. Le temps presse et les familles sont dans l'angoisse », ont déclaré des représentants du personnel, qui demandent également une rencontre avec les pouvoirs publics pour clarifier le rôle de l'État dans ce dossier.
Un calendrier serré
Avec l'audience prévue le 10 juillet, les acteurs du dossier disposent de moins d'une semaine pour finaliser les discussions et apporter les dernières garanties. Le plan présenté par Matthieu Pigasse repose sur un montage financier complexe, incluant des apports en fonds propres et des concours bancaires, mais aussi des aides publiques conditionnées à des objectifs de modernisation et de transition écologique.
Le tribunal devra notamment vérifier la solidité du plan, la sincérité des engagements et l'absence de risque de cessation des paiements à court terme. En cas de validation, le repreneur prendrait les rênes de l'entreprise dans les semaines suivantes. En cas de rejet, l'usine pourrait être placée en liquidation judiciaire, un scénario redouté par les salariés et les élus locaux.
L'État en arbitre
L'interpellation de l'État par Matthieu Pigasse n'est pas restée sans réponse. Les services du ministère de l'Économie suivent le dossier de près, mais n'ont pas encore annoncé de position officielle. Le gouvernement devra trancher entre la nécessité de préserver un outil industriel stratégique dans la filière bois et les contraintes budgétaires.
Plusieurs élus locaux ont également pris la parole pour appeler à une mobilisation générale afin de sauver le site, qui est un pilier économique de la région. Ils estiment que l'État ne peut pas rester en retrait face à un plan de reprise qui offre une chance de pérenniser l'activité.
Un dénouement attendu
Le 10 juillet marquera donc un tournant décisif pour Fibre Excellence. D'ici là, toutes les parties prenantes — repreneur, créanciers, salariés, pouvoirs publics — sont invitées à clarifier leurs positions. Le tribunal devra départager les intérêts et prendre une décision qui engagera l'avenir du site pour les années à venir.
L'audience s'annonce comme l'épilogue d'un processus de plusieurs mois, ponctué de rebondissements et d'incertitudes. Les regards sont désormais tournés vers les juges consulaires, qui rendront leur verdict à l'issue des débats.