Les opérations de secours internationales, qui ont permis des « sauvetages miraculeux » au Venezuela après les deux violents séismes de la semaine dernière, s’acheminent vers leur fin. Selon des informations concordantes, les équipes étrangères présentes sur place se préparent à quitter le pays, tandis que des survivants et des corps sont encore régulièrement extraits des gravats.
Le bilan officiel communiqué par les autorités vénézuéliennes dépasse désormais les 3 300 morts. Ce chiffre, en constante augmentation depuis les premières secousses, est jugé sous-estimé par plusieurs experts et organisations non gouvernementales, qui soulignent le grand nombre de personnes toujours portées disparues.
Des sites participatifs, alimentés par les familles et les volontaires, se multiplient sur internet pour tenter de recenser les disparus. Ces initiatives citoyennes, bien que souvent saluées pour leur utilité, suscitent des interrogations quant à leur fiabilité et leur coordination avec les listes officielles. Plusieurs milliers de noms y figurent, sans que l’on sache précisément combien de ces personnes ont déjà été retrouvées vivantes ou mortes.
Sauvetages remarquables et départ programmé
Des images diffusées ces derniers jours montrent des rescapés tirés des décombres, parfois plusieurs jours après les secousses, grâce à l’intervention d’équipes spécialisées venues de divers pays. Ces sauvetages, qualifiés de « miraculeux », ont redonné espoir à une population éprouvée. Cependant, le temps presse : les équipes internationales, qui ont travaillé sans relâche, commencent à plier bagage, leur mission étant considérée comme achevée ou les conditions de sécurité ne permettant pas de prolonger leur séjour.
Frustration des familles
Dans les zones sinistrées, la colère gronde. Des centaines de Vénézuéliens, souvent sans nouvelles de leurs proches depuis les séismes, expriment leur exaspération face à la réponse gouvernementale. Les critiques portent sur la lenteur des secours officiels, l’accès restreint à certaines zones encore dangereuses et le manque d’informations fiables sur le sort des disparus. « On nous dit de patienter, mais chaque jour qui passe sans nouvelles réduit nos espoirs », confie une mère de famille interrogée sur place.
Un bilan qui pourrait encore s’alourdir
Les autorités locales, tout en communiquant régulièrement les chiffres officiels, peinent à apaiser les inquiétudes. Le départ annoncé des équipes étrangères pourrait ralentir encore le rythme des recherches et des exhumations. De nombreux corps reposent toujours sous les décombres, et les risques sanitaires liés à la décomposition des cadavres commencent à préoccuper les organisations humanitaires.
Le gouvernement vénézuélien, par la voix de la vice-présidente Delcy Rodriguez, a rejeté les critiques, affirmant que tout était mis en œuvre pour venir en aide aux sinistrés. Mais sur le terrain, le sentiment d’abandon prédomine chez une partie de la population, alors que le pays doit également faire face à des défis logistiques et économiques majeurs.
Les prochains jours seront décisifs pour déterminer si les opérations de secours peuvent encore sauver des vies avant que les équipes internationales ne quittent définitivement les lieux.