Le président roumain, Nicusor Dan, a provoqué une vive polémique en nommant dimanche Adrian Vestea au poste de Premier ministre, sans avoir préalablement consulté les forces politiques représentées au Parlement, comme le prévoit la Constitution. Ce geste, intervenu deux mois après l'effondrement de la coalition quadripartite au pouvoir, plonge le pays dans une nouvelle phase d'incertitude politique, alors qu'une grave crise financière et socio-économique secoue la Roumanie.
Adrian Vestea, actuellement président du conseil départemental de Brașov, est issu du Parti national libéral (PNL). Sa candidature a été soumise après le retrait du précédent candidat pressenti. Le président Dan n'a pas non plus informé les dirigeants du PNL de sa démarche. Le président du parti, Ilie Bolojan, qui assure également l'intérium à la tête du gouvernement, a qualifié cette nomination d'« acte hostile » et de « tentative de diviser le PNL ».
Un profil contesté
Le parcours d'Adrian Vestea soulève des interrogations. Il est notamment diplômé d'une université aux standards académiques jugés discutables. Par ailleurs, il lui est reproché de n'avoir pas mené à bien la réparation des routes d'accès à une importante base militaire de l'OTAN située en Roumanie. Ces éléments jettent une ombre sur sa légitimité à occuper la fonction suprême du pouvoir exécutif.
Accusations de dérive autoritaire
Plusieurs observateurs et commentateurs politiques estiment que le président Dan, ancien militant de la société civile et jusqu'ici défenseur de l'État de droit, a bafoué les principes constitutionnels et démocratiques en agissant de manière solitaire. La décision intervient dans un contexte d'instabilité politique chronique, marqué par l'adoption en mai d'une motion de censure contre le gouvernement pro-européen conduit par Ilie Bolojan.
Cette nomination unilatérale suscite de vives réactions au sein de la classe politique et risque de compliquer encore davantage la recherche d'une majorité parlementaire stable nécessaire pour former un nouveau gouvernement et faire face aux défis économiques urgents.