Le dirigeant d'Accor, Sébastien Bazin, a mis fin aux spéculations sur son avenir à la tête du groupe hôtelier. Dans un entretien accordé fin mai, il a indiqué que le mandat en cours serait le dernier, conformément à l'accord passé avec le conseil d'administration lors de son renouvellement l'année précédente. « Je reste trois ans de plus pour terminer le travail et accompagner ma succession », a-t-il déclaré, ajoutant que cette décision était « très bien ainsi, pour le groupe et pour moi ». Il a également insisté sur la nécessité de parler ouvertement de la succession afin de préparer l'avenir.

Cette annonce intervient alors que l'assemblée générale des actionnaires, tenue mercredi 27 mai, a été marquée par un vote serré sur sa rémunération. Celle-ci, qui pourrait atteindre 5 millions d'euros, n'a été approuvée qu'avec moins de 60 % des suffrages, contre près de 90 % l'année précédente. Bien que ce montant se situe dans la fourchette basse des rémunérations des dirigeants du CAC 40, le résultat traduit une contestation croissante de sa gestion.

Accusations de trafic d'enfants et réponse du groupe

Parallèlement, Accor fait face à des accusations graves émanant du vendeur à découvert Grizzly Research LLC. Celui-ci affirme que 18 hôtels russes de la marque auraient accepté d'héberger des orphelins ukrainiens en vue de leur adoption par des familles russes, sans que le groupe ne réagisse aux alertes. Un audit interne n'a pas relevé de dysfonctionnement, mais un audit externe a pointé des défaillances dans neuf établissements. Lors de l'assemblée générale, la direction a annoncé la mise en place de mesures correctives, incluant des sanctions et un cadre juridique strict.

Des résultats financiers en demi-teinte

Le contexte économique et géopolitique pèse également sur les comptes. Au premier trimestre, le chiffre d'affaires d'Accor a reculé de 2,7 %, en partie à cause des tensions au Moyen-Orient. Malgré ces difficultés, Sébastien Bazin se veut rassurant : « Accor est un roc à la fois extrêmement solide et extrêmement léger », a-t-il affirmé, défendant sa stratégie de diversification vers le luxe et le lifestyle. L'action du groupe a d'ailleurs rebondi de près de 3 % dans les cinq jours suivant l'assemblée générale, signe d'un regain de confiance des investisseurs.

Une succession déjà en préparation

Le conseil d'administration est désormais chargé de choisir un successeur d'ici 2028. Bazin a souligné que les équipes étaient informées de ce calendrier et que la transition se ferait dans la transparence. Cette clarification met un terme aux rumeurs d'un départ anticipé, tout en ouvrant une période d'incertitude sur l'identité du futur dirigeant du numéro un européen de l'hôtellerie.