L'enquête sur le décès de la footballeuse Maddy Cusack, 27 ans, disparue en septembre 2023, a livré mercredi de nouveaux témoignages qui éclairent différemment les causes de sa souffrance mentale. L'ancienne capitaine de l'équipe féminine de Sheffield United, Sophie Barker, a déclaré devant le tribunal des coroners de Chesterfield que la décision de la compagne de Cusack, Grace Riglar, de rejoindre un autre club avait été « la raison principale » de son mal-être.
Un choc affectif au centre des débats
Selon Sophie Barker, Maddy Cusack vivait très mal l'éloignement de sa petite amie. « Quand Maddy a appris que Grace allait partir si loin, cela l'a affectée. Elle était infatuée de Grace. Elle avait l'impression que Grace l'abandonnait », a raconté Barker. Elle a ajouté avoir dû rassurer sa coéquipière en lui expliquant que ce déménagement ne signifiait pas une rupture. Dans une confidence poignante rapportée au tribunal, Barker a affirmé : « J'ai dit à la famille de Maddy que si Grace était encore dans les environs, Maddy serait encore là. »
Cette version contredit directement les griefs exprimés par la famille Cusack, qui estime que le comportement de l'entraîneur principal, Jonathan Morgan, et l'absence de soutien du club étaient les véritables facteurs de la dégradation de la santé mentale de la joueuse. L'avocat représentant la famille, Dean Armstrong KC, a suggéré que Morgan était en cause, mais Sophie Barker a fermement répondu : « Non, je crois que Grace était la raison principale. »
Des tensions anciennes avec l'entraîneur
Barker a toutefois reconnu que Maddy Cusack lui avait confié éprouver de « l'anxiété » à l'idée de retrouver Jonathan Morgan, avec qui elle avait déjà travaillé à Leicester City quelques années plus tôt. Selon Barker, Cusack décrivait alors l'entraîneur comme « non professionnel », lui reprochant de « vendre des rêves qui n'étaient pas réels » et de « raconter beaucoup de bêtises ». Cependant, l'enquête a révélé que ces préoccupations n'avaient pas été évoquées plus avant avec l'ancienne capitaine après cette conversation initiale.
Un changement de comportement notable
Sophie Barker a décrit une transformation profonde chez sa coéquipière à partir de juin 2023. « Elle est devenue plus silencieuse, plus réservée. Elle arrivait et repartait sans vraiment participer. C'était une personne complètement différente de la Maddy de la saison précédente, qui était très enjouée », a-t-elle témoigné.
Le regard de la physiothérapeute
Francesca Carr, alors physiothérapeute en chef de l'équipe féminine de Sheffield United, a également été entendue. Elle a indiqué n'avoir pas eu d'inquiétudes particulières concernant Cusack, précisant que d'autres joueuses lui semblaient plus vulnérables sur le plan mental. Toutefois, elle s'est rappelé un incident où Cusack avait fondu en larmes après s'être trompée de terrain d'entraînement. « Ce n'était pas une réaction normale. J'ai compris que cette réaction émotionnelle était un signe », a-t-elle déclaré.
Un malaise persistant autour de la sélection
L'enquèse avait déjà entendu que Maddy Cusack percevait comme une « attaque personnelle » le fait de ne pas être titularisée par Jonathan Morgan. Ce dernier, qui se représente lui-même dans cette procédure, a interrogé Francesca Carr pour savoir si la décision de ne pas aligner Cusack pour son premier match de compétition à la tête du club était une « décision collective » prise dans « son intérêt supérieur » en raison d'une blessure à la cheville. Carr a confirmé que ne pas la faire jouer était alors approprié.
Une enquête qui se poursuit
Maddy Cusack a été retrouvée inconsciente par son père David à leur domicile de Horsley, dans le Derbyshire, le 20 septembre 2023, et est décédée le jour même. Les audiences se poursuivent afin de déterminer les circonstances exactes de son décès et les éventuelles responsabilités. La famille de la joueuse maintient ses accusations contre le club et l'entraîneur, tandis que les témoignages de mercredi apportent un éclairage différent sur les sources de sa détresse.