Le groupe britannique spécialisé dans les entrepôts logistiques Segro a repoussé une offre de rachat d’un montant de 13,5 milliards de livres sterling, présentée sous forme de numéraire et d’actions par son concurrent américain Prologis. Cette décision a été officialisée après l’examen d’une proposition que les observateurs décrivent comme la dernière d’une série de tentatives de rapprochement entre les deux géants du secteur.

Prologis n’a pas tardé à réagir en remettant en cause les motifs avancés par la direction de Segro pour justifier son refus. Selon le groupe américain, les prévisions sur lesquelles s’appuie la société britannique pour estimer sa valorisation seraient « aspirationnelles » et ne refléteraient pas les réalités du marché. Cette accusation vise directement les projections de croissance qui auraient servi à écarter l’offre.

Un nouvel épisode dans une saga de fusions-acquisitions

Cette transaction avortée s’inscrit dans un contexte de consolidation du marché des entrepôts logistiques, porté par la croissance du commerce électronique et les besoins en infrastructures de stockage. Segro, qui possède un vaste portefeuille de biens immobiliers au Royaume-Uni et en Europe continentale, avait déjà été approché par le passé par son concurrent d’outre-Atlantique, sans qu’un accord ne soit conclu.

La nouvelle proposition rejetée valorisait Segro à 13,5 milliards de livres, un montant qui inclut une part en numéraire et une part en actions Prologis. Les termes précis de l’offre n’ont pas été divulgués dans le détail, mais les analystes estiment qu’elle représentait une prime significative par rapport au cours de Bourse de Segro avant l’annonce.

Des divergences stratégiques persistantes

Les raisons profondes du refus de Segro semblent tenir à une divergence d’appréciation sur la valeur future de l’entreprise. La direction de Segro juge ses perspectives de croissance sous-évaluées par l’offre de Prologis, tandis que ce dernier estime que les prévisions communiquées sont trop optimistes. Ce désaccord a conduit les deux parties à une impasse, sans nouvelle discussion en vue.

Les investisseurs suivent de près ce dossier, qui pourrait rebondir si Prologis décide de relever son prix ou de s’adresser directement aux actionnaires de Segro. Pour l’heure, le groupe britannique maintient sa position et poursuit sa stratégie de développement indépendant.