La plateforme de mode ultra-rapide Shein est de nouveau dans le viseur des autorités françaises. La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a prononcé une amende de 22 millions d'euros à l'encontre du géant chinois du e-commerce, a-t-on appris mercredi. Cette décision fait suite à une première sanction de 40 millions d'euros intervenue en novembre 2025.
Les griefs retenus cette fois-ci concernent des pratiques commerciales jugées trompeuses. Selon les services de Bercy, Shein n'offrait pas aux consommateurs la possibilité de se rétracter après un achat, ne faisait pas figurer les prix de manière claire ni les dates et délais de livraison. Autant de manquements aux obligations légales en matière d'information précontractuelle et de droit de rétractation.
L'entreprise a immédiatement fait savoir qu'elle contestait cette nouvelle sanction. Dans un communiqué, Shein a annoncé son intention de former un recours contre la décision de la DGCCRF, estimant respecter la réglementation en vigueur. Le feuilleton judiciaire entre le régulateur français et la société sino-singapourienne semble donc loin d'être clos.
Une plateforme à l'audience massive
Shein rassemble en France environ 25 millions de visiteurs uniques chaque mois, ce qui en fait l'un des sites de vente de vêtements les plus fréquentés du pays. Sa croissance rapide, portée par des prix très bas et un renouvellement permanent de son catalogue, attire l'attention des autorités de protection des consommateurs depuis plusieurs années.
La première amende de 40 millions d'euros, infligée fin 2025, visait déjà des pratiques similaires. À l'époque, la DGCCRF avait reproché à Shein de ne pas fournir aux acheteurs les informations obligatoires sur les produits et les conditions de vente, ainsi que de ne pas respecter les procédures de rétractation. Malgré cette première sanction, les contrôles ultérieurs ont montré que les manquements persistaient.
Des sanctions qui s'accumulent en Europe
Cette nouvelle amende s'ajoute à une série de mesures prises contre Shein dans plusieurs pays européens. L'entreprise est notamment sous le coup d'une enquête de la Commission européenne au titre du règlement sur les services numériques (DSA), en raison de ses obligations en matière de transparence et de protection des consommateurs.
En France, la DGCCRF dispose de pouvoirs de contrôle renforcés sur les places de marché en ligne. Le gouvernement a fait de la lutte contre les pratiques commerciales abusives dans le e-commerce une priorité, en particulier lorsqu'il s'agit de grandes plateformes opérant depuis l'étranger.
Réactions et perspectives
Du côté des associations de consommateurs, cette nouvelle sanction a été saluée comme un signal fort envoyé aux acteurs du commerce en ligne. Elles estiment que les amendes doivent être suffisamment dissuasives pour inciter les entreprises à se mettre en conformité rapidement.
Shein, de son côté, assure avoir déjà pris des mesures pour corriger les lacunes pointées par les autorités. La société affirme avoir mis en place des processus permettant d'améliorer l'information des consommateurs et de faciliter l'exercice du droit de rétractation. Elle précise que ces améliorations sont en cours de déploiement sur l'ensemble de ses marchés.
En attendant l'issue du recours, l'amende de 22 millions d'euros vient alourdir la facture pour Shein, qui cumule désormais plus de 60 millions d'euros de sanctions en France. L'affaire illustre les difficultés persistantes des plateformes internationales à se conformer aux règles de protection des consommateurs, malgré les avertissements répétés des autorités.