Six femmes ont porté plainte mercredi 15 juillet 2026 contre Gérald Marie, ancien directeur Europe de l'agence de mannequins Elite, pour des faits de viol, viol sur mineure et traite d'êtres humains. Les plaintes ont été déposées simultanément, marquant une nouvelle étape judiciaire dans l'affaire qui entoure l'ex-dirigeant.

Des accusations d'une « gravité exceptionnelle » Selon les informations recueillies, les faits dénoncés se seraient produits alors que Gérald Marie occupait des postes clés au sein de l'agence Elite, entre 1986 et 2011. L'une des plaignantes était mineure au moment des agressions présumées. Les qualifications retenues par les plaintes incluent le viol, le viol sur mineur et la traite d'êtres humains. L'ancien golden-boy du mannequinat, aujourd'hui âgé de 76 ans, conteste l'ensemble des accusations portées contre lui.

Un système d'exploitation sexuelle mis en cause Plusieurs anciens top models décrivent un mode opératoire similaire à celui attribué à Jean-Luc Brunel, autre figure historique du milieu. Selon leurs témoignages, Gérald Marie aurait usé de son autorité pour placer sous son emprise des jeunes filles vulnérables, souvent en début de carrière. « Ils ont fait de moi ce qu'ils voulaient », a confié l'une des victimes présumées. L'expression renvoie à un climat d'impunité qui aurait régné au sein de l'agence pendant des décennies.

Des faits qui s'étalent sur plusieurs années Les six plaintes couvrent une période allant des années 1980 aux années 2000. Les plaignantes, originaires de différents pays, affirment avoir subi des viols et des agressions sexuelles dans le cadre de leur travail de mannequin. Certaines évoquent également des mécanismes de traite, avec des déplacements orchestrés par l'agence. La traite d'êtres humains est une qualification rare dans ce type d'affaires, soulignant la gravité des allégations.

Une enquête en cours Les plaintes ont été déposées auprès du parquet de Paris, qui pourrait ouvrir une information judiciaire. Gérald Marie, qui a dirigé la branche européenne d'Elite, n'a pour l'instant pas été mis en examen. Ses avocats n'ont pas souhaité commenter ces nouvelles accusations. L'ancien dirigeant avait déjà été mis en cause dans le passé par d'anciens mannequins, sans que cela n'aboutisse à des poursuites pénales.

Un contexte de libération de la parole Cette nouvelle salve de plaintes s'inscrit dans le sillage du mouvement #MeToo et des révélations sur les dérives du mannequinat. L'affaire Gérald Marie rappelle celle de Jean-Luc Brunel, ancien dirigeant d'Elite également accusé de viols et de traite, qui s'est suicidé en détention en 2022. Les plaignantes espèrent que la justice fera la lumière sur ce qu'elles décrivent comme un « système d'exploitation sexuelle ».

Un avenir judiciaire incertain L'enquête devra déterminer si les faits sont prescrits et si les preuves sont suffisantes pour engager des poursuites. La défense de Gérald Marie devrait plaider la prescription pour une partie des faits les plus anciens. Les associations d'aide aux victimes saluent le courage des six femmes et appellent à la création d'une commission d'enquête parlementaire sur les pratiques de l'industrie du mannequinat.

L'affaire relance le débat sur la protection des jeunes mannequins et les responsabilités des agences. Plusieurs voix s'élèvent pour réclamer un encadrement plus strict du métier et une meilleure prévention des abus.