Une adhésion massive à la transparence
Selon un sondage réalisé les 16 et 17 juin auprès d’un échantillon représentatif de 1 011 personnes âgées de 18 ans et plus, 76 % des Français interrogés se déclarent favorables à une ouverture au public du Fichier des auteurs d'infractions sexuelles ou violentes (FIJAISV). Cette enquête, menée par questionnaire auto-administré en ligne, a été diffusée le 17 juin.
Le soutien à cette mesure est particulièrement marqué chez les 18-24 ans, avec 91 % d’avis favorables. En revanche, les sondés de 65 ans et plus se montrent un peu plus réservés : 70 % d’entre eux approuvent l’initiative.
Des disparités politiques et sociologiques
L’étude fait apparaître des divergences selon la proximité politique des personnes interrogées. À gauche, 62 % des sympathisants se disent pour la publication du fichier. Les proches de La France insoumise et des Écologistes (EELV) sont 64 % et 69 % respectivement à soutenir le projet. En revanche, 51 % des personnes se réclamant du Parti socialiste y sont opposées.
À droite et à l’extrême droite, le plébiscite est net : 93 % des sympathisants du Rassemblement national et 85 % de ceux des Républicains sont favorables à une transparence élargie.
Du côté des catégories socioprofessionnelles, 79 % des inactifs approuvent la mesure, contre 77 % des CSP– et 72 % des CSP+.
Un fichier créé il y a vingt ans, à l’accès très restreint
Le FIJAISV a été institué il y a vingt ans. Il recense les personnes condamnées pour des crimes ou délits à caractère sexuel ou violent, avec un degré d’inscription automatique variable selon la gravité des faits. Les infractions couvertes vont de l’atteinte sexuelle sur mineur au viol, en passant par la détention d’images pédopornographiques ou la corruption de mineur.
Actuellement, l’accès à ce fichier est strictement limité aux fonctionnaires habilités et à l’autorité judiciaire. Il peut également être consulté dans le cadre de vérifications de recrutement au sein de l’Éducation nationale.
Un débat relancé par une affaire récente
La question de la publicité du FIJAISV a resurgi dans le débat public après la mise en examen de Jérôme Barella, suspecté dans l’affaire du meurtre de la petite Lyhanna. L’historique judiciaire de cet homme a conduit plusieurs responsables politiques à réclamer un accès élargi au fichier, afin de permettre aux citoyens et aux employeurs de mieux identifier les personnes condamnées pour des infractions sexuelles.
Cette enquête d’opinion intervient alors que le débat sur l’équilibre entre protection de l’enfance et respect de la vie privée des personnes inscrites au fichier reste vif.