Un accueil glacial pour la cousine de Superman
Alors que la France traversait une période de canicule, nombreux sont ceux qui ont cherché refuge dans les salles obscures. «Supergirl», nouveau film de super-héros porté par Milly Alcock et Jason Momoa, devait incarner le renouveau de l'univers DC. Pourtant, le pari semble loin d'être gagné. Les premiers chiffres de fréquentation sont jugés très décevants par les observateurs de l'industrie.
Un démarrage historique en deçà des espérances
Les résultats du box-office pour ce premier week-end d'exploitation sont en effet qualifiés de flop. Selon les données recueillies, le long-métrage réalise l'un des pires démarrages pour un film de super-héros, se situant même sous celui de «Morbius» (Sony). Ce constat interroge sur la capacité du nouveau mètre-étalon du DCU, supervisé par James Gunn, à séduire le public. La performance commerciale de l'opus est qualifiée par certains spécialistes de «bide», un terme qui résonne comme un avertissement pour les productions à venir.
Le décollage est si lent que certains analystes évoquent d'ores et déjà la possibilité d'une réévaluation du plan de développement de la franchise, pourtant ambitieux. Le film, destiné à lancer le nouvel univers partagé de la maison d'édition, peine à convaincre au-delà du cercle des fans les plus avertis.
Un film critiqué sur sa forme et son fond
Au-delà des chiffres, les retours des spectateurs et premiers commentaires sont mitigés. Plusieurs critiques soulignent un scénario qui manque de rythme et une mise en scène qui n'aurait pas su exploiter le potentiel du personnage. L'interprétation de Milly Alcock, qui endosse le rôle-titre, est néanmoins saluée, tout comme la présence de Jason Momoa, dont le charisme ne suffit pas à emporter l'adhésion. Le public, venu chercher une échappatoire à la chaleur, semble être ressorti avec une «douche froide», pour reprendre le sentiment de déception exprimé.
Certains y voient un problème de construction du récit, trop confus pour un public non initié, tandis que d'autres pointent un manque de singularité dans un genre cinématographique saturé. Le personnage de Supergirl, pourtant très attendu, n'aurait pas réussi à créer l'étincelle espérée.
Le contexte d'un renouveau compliqué
Ce lancement difficile intervient dans un contexte particulier pour la firme aux logos DC. Après plusieurs années de productions irrégulières qualitativement et commercialement, le studio a confié à James Gunn la responsabilité de redéfinir son univers cinématographique. «Supergirl» est le premier véritable test de cette nouvelle stratégie, et les résultats sont pour l'instant en deçà des prévisions.
L'absence de lien fort avec les précédents films (les fameux «snap» du multivers n'étant pas encore explicités) pourrait avoir déstabilisé une partie du public. L'enjeu est désormais de taille : il s'agit de savoir si le film parviendra à redresser la barre lors des prochaines semaines, ou si ce premier échec entraînera des ajustements majeurs dans la planification des prochains films, comme le prochain «Superman».
Les coulisses du comics original
Pour comprendre ce qui a pu motiver le choix de cette adaptation, il faut se pencher sur le matériau d'origine. Le film s'inspire d'un comic book moderne et acclamé, dont la dessinatrice brésilienne Bilquis Evely a réalisé les planches. Cette œuvre graphique, saluée pour sa puissance visuelle et son récit introspectif, présentait un personnage complexe, loin des clichés. L'intention des producteurs était de transposer cette modernité à l'écran, un défi qui n'a visiblement pas été totalement relevé selon les premiers retours.
Le contraste entre la qualité du support papier et le résultat filmique est d'ailleurs souligné par certains, qui regrettent que la profondeur psychologique du personnage n'ait pas été mieux retranscrite.
Quel avenir pour le DCU ?
Ce démarrage poussif relance les interrogations sur la viabilité du modèle des univers étendus. Alors que le géant des comics concurrent (Marvel) connaît lui aussi une période de turbulence, l'industrie cherche un second souffle. L'équipe de James Gunn se trouve désormais face à une équation complexe : convaincre les fans déçus et attirer un nouveau public.
Les prochaines semaines seront cruciales. La capacité du film à se maintenir en salles, couplée au bouche-à-oreille (qui semble pour l'instant tiède), déterminera si «Supergirl» pourra être considéré comme un simple accident de parcours ou le signe d'une tendance plus lourde pour la franchise.