Le sommet de l'OTAN qui se tient à Ankara a été marqué, ce mercredi, par une salve de déclarations du président américain Donald Trump. Dès son arrivée, lors d'un échange avec le secrétaire général de l'Alliance, Mark Rutte, M. Trump a fait part de son mécontentement vis-à-vis de l'organisation. « Je ne suis pas satisfait de l'OTAN », a-t-il déclaré, assis aux côtés de M. Rutte, qui est resté impassible.

Des griefs anciens et nouveaux

Le dirigeant américain a égrené une série de griefs, aussi bien anciens que récents, envers les pays membres. Il a particulièrement ciblé l'Espagne, refusant catégoriquement toute coopération future avec ce pays. « Je ne veux rien avoir à faire avec l'Espagne », a-t-il affirmé, avant d'appeler à cesser tout commerce et toute visite entre les deux nations. Il a qualifié les Espagnols de « gens sans espoir, mauvais ». Ce différend trouve son origine dans le refus de Madrid d'augmenter ses dépenses militaires et d'autoriser l'utilisation de ses bases par les forces américaines engagées contre l'Iran. Le président n'a pas tenu compte du fait que la politique commerciale de l'Espagne est encadrée par l'Union européenne.

Au-delà de l'Espagne, M. Trump a également critiqué l'Allemagne, l'Italie, le Royaume-Uni et la France, leur reprochant de ne pas soutenir suffisamment les États-Unis dans leur conflit avec l'Iran. Il a aussi relancé des menaces à propos du Groenland, renouvelant des propos controversés déjà tenus par le passé.

La trêve avec l'Iran en péril

Le président américain a surtout créé la surprise en annonçant que la trêve avec l'Iran était « probablement terminée ». Ces propos surviennent au lendemain de frappes aériennes américaines contre des cibles iraniennes, présentées comme une riposte à des attaques iraniennes contre des navires marchands dans le détroit d'Ormuz. En retour, les forces armées iraniennes ont affirmé avoir visé des installations militaires américaines au Bahreïn et au Koweït.

M. Trump a employé des termes très durs à l'encontre de l'Iran, qualifiant le pays de « racaille » et ses dirigeants de « malades ». Il a dénoncé leur style de négociation « malhonnête et retors ». « Ils sont cinglés », a-t-il lancé, en se tapotant la tempe. Il a notamment regretté que l'Iran ait profité des funérailles de l'ancien guide suprême Ali Khamenei pour lancer des roquettes contre des navires, au lieu de se concentrer sur le deuil national.

Un climat tendu entre alliés

Ces déclarations interviennent dans un contexte où plusieurs dirigeants européens commencent à répondre fermement aux attaques de Donald Trump, rompant avec une attitude jusqu'alors conciliante. Les chefs d'État espagnol et italien, notamment, ont choisi de ne plus ménager le président américain. La « famille photo » des dirigeants de l'OTAN, qui a suivi ces échanges, s'est déroulée dans une atmosphère lourde, avant le début des séances de travail.

Ce sommet, qui devait être consacré à l'avenir de l'Alliance et à la question du désengagement américain, se trouve désormais dominé par les saillies du président américain et les tensions transatlantiques qui ne cessent de s'accentuer.