Une proposition choc pour lutter contre le tabagisme
Thomas Fatôme, directeur général de l’Assurance maladie, a suggéré d’interdire la vente de cigarettes et autres produits du tabac aux personnes nées après 2009. Cette mesure, présentée comme un levier fort de santé publique, viserait à instaurer une génération « sans-tabac ».
Interrogé à ce sujet, il a déclaré : « On peut aller plus loin et c’est de notre responsabilité. » Il a souligné que l’objectif est de protéger les plus jeunes contre l’entrée dans le tabagisme, première cause de mortalité évitable en France.
Cette proposition s’inscrit dans une réflexion plus large sur le renforcement des politiques antitabac. Elle rejoint des expérimentations similaires menées dans d’autres pays, comme la Nouvelle-Zélande, qui a adopté un principe d’interdiction progressive par tranche d’âge avant de l’abandonner.
Un débat politique et sanitaire attendu
Si l’idée est avancée par le directeur de l’Assurance maladie, elle n’a pas encore fait l’objet d’une traduction législative. Les discussions devraient s’intensifier dans les mois à venir, impliquant le gouvernement, les professionnels de santé et les acteurs économiques du secteur du tabac.
Les associations de lutte contre le tabagisme accueillent favorablement cette proposition, y voyant une avancée majeure pour réduire le nombre de nouveaux fumeurs. À l’inverse, les buralistes et les fabricants de tabac pourraient s’opposer à une mesure qu’ils jugeraient trop radicale et préjudiciable à leurs activités.
Vers une génération sans tabac en France ?
Selon l’Organisation mondiale de la santé, environ 8 millions de personnes meurent chaque année dans le monde à cause du tabac. En France, le tabagisme est responsable de 75 000 décès annuels. Cette proposition s’inscrit dans un objectif affiché de longue date : parvenir à une génération sans tabac d’ici 2030.
Pour l’heure, aucune date de mise en œuvre ni projet de loi n’a été annoncé. Le débat reste ouvert sur la faisabilité juridique et sociale d’une telle interdiction, notamment en termes de contrôle de l’âge et de respect des libertés individuelles.