La plateforme de messagerie Telegram a engagé une action en justice contre l'ordre du gouvernement indien de bloquer temporairement son application, ont indiqué des sources judiciaires et juridiques ce mardi. L'entreprise a saisi la Haute Cour de Delhi pour faire annuler cette mesure, qui vise à empêcher de nouvelles fraudes lors d'un examen d'entrée en médecine.
Selon des informations rapportées par des médias locaux, l'avocat de Telegram, Madhav Khosla, a plaidé que le blocage affecte plus de 150 millions d'utilisateurs dans le pays. La cour aurait accepté de statuer sur l'affaire en procédure d'urgence dès ce jour, sans que la plateforme n'ait pour l'instant formulé de commentaire officiel sur l'interdiction temporaire.
Une mesure liée à une fuite de sujets d'examen
Le gouvernement indien a ordonné le blocage de Telegram jusqu'au 22 juin, en réponse à ce qu'il décrit comme une utilisation frauduleuse de l'application par des réseaux de triche. Selon les autorités, ces réseaux avaient utilisé la messagerie pour « escroquer les candidats » au concours national d'entrée dans les facultés de médecine, le National Eligibility cum Entrance Test (NEET).
Le mois dernier, l'administration avait déjà annulé l'épreuve du NEET après avoir découvert que le sujet avait fuité. Cette annulation avait provoqué des manifestations à travers le pays et des suicides d'étudiants, rapportés par la presse locale. La nouvelle épreuve est programmée pour le 21 juin.
Contexte de tensions autour des examens
Cet épisode s'inscrit dans un climat de défiance croissante des jeunes Indiens vis-à-vis du système des concours nationaux, régulièrement entachés par des fuites et des fraudes. Le blocage de Telegram est la première mesure de ce type prise à l'encontre d'une plateforme de messagerie dans le cadre d'un examen, ce qui soulève des questions sur la liberté d'expression et la proportionnalité des restrictions.
Telegram a connu une croissance rapide en Inde, qui est devenu son plus grand marché en nombre de téléchargements. La décision de justice à venir pourrait faire jurisprudence quant à la possibilité pour l'État de restreindre l'accès à des applications de communication en invoquant la lutte contre la fraude.