Des affrontements d'une ampleur inédite ont secoué Israël ce lundi 1er juin 2026, alors que des dizaines de milliers de juifs ultra-orthodoxes ont investi les rues de Jérusalem et de la métropole de Tel-Aviv pour protester contre l'obligation de servir dans l'armée. Les manifestants ont bloqué des axes routiers majeurs, perturbé le trafic ferroviaire et, selon les témoignages, incendié plusieurs véhicules.
Des routes et des trains paralysés
Les autorités ont fait état de barrages sur les principales autoroutes du centre du pays, tandis que les services de transport public ont été interrompus face à l'afflux de protestataires. À Jérusalem-Ouest, des images montrent des agents de sécurité traînant des manifestants sous un autocar pour les déloger de la chaussée. Selon la police israélienne, un soldat a été pris pour cible et agressé alors qu'il descendait d'un véhicule à proximité d'un rassemblement.
Une réponse policière musclée
Les forces de l'ordre ont déployé des canons à eau, des grenades assourdissantes et des cavaliers pour disperser les foules. Des heurts ont éclaté en de nombreux points, les manifestants refusant d'obtempérer aux sommations. Les autorités ont souligné la difficulté à maîtriser ces rassemblements de masse, qui ont paralysé une grande partie du centre du pays.
Le fragile équilibre des exemptions
En Israël, le service militaire est obligatoire pour la plupart des citoyens juifs, hommes et femmes. Cependant, les partis ultra-orthodoxes, influents sur la scène politique, ont obtenu depuis des décennies des exemptions permettant à leurs fidèles de se consacrer à l'étude dans des séminaires religieux plutôt que d'effectuer leur service. Ce système, de plus en plus contesté par une partie de la société israélienne, est aujourd'hui sous pression. La Cour suprême a jugé ces exemptions illégales, et des décisions récentes ont accéléré la fin de cet arrangement, provoquant la colère des communautés ultra-orthodoxes qui y voient une remise en cause de leur mode de vie.
Un paysage politique fragilisé
Cette nouvelle flambée de violence survient dans un climat politique tendu. La question du recrutement des ultra-orthodoxes a déjà ébranlé la coalition gouvernementale ces dernières semaines. Les partis religieux, partenaires clés de la majorité, menacent de quitter le gouvernement si les exemptions sont supprimées, ce qui pourrait précipiter sa chute. Les manifestations de ce lundi illustrent l'ampleur du fossé entre les ultra-orthodoxes et le reste de la population israélienne sur ce dossier sensible.
Un appel au calme sans issue immédiate
Les dirigeants politiques ont appelé au calme, mais aucun compromis ne semble en vue. Les chefs religieux ultra-orthodoxes maintiennent leur opposition à toute forme de conscription, tandis que les partisans d'une égalité de service réclament la fin d'un système jugé inéquitable. Les prochains jours s'annoncent décisifs pour l'avenir de la coalition au pouvoir et pour la paix sociale en Israël.