Un retard d'investissement

La France consacre en moyenne 70 euros par habitant au financement de son réseau ferroviaire, un montant bien inférieur à celui de ses voisins européens. D'après une étude de l'association allemande Alliance pour le rail, l'Allemagne dépense 222 euros par habitant et le Royaume-Uni 209 euros, soit trois fois plus. Ce constat place la France parmi les mauvais élèves du continent en matière de soutien public au chemin de fer.

Un modèle de financement particulier

Cet écart s'explique en partie par la structure spécifique du financement ferroviaire français. Contrairement à d'autres pays, la France s'appuie largement sur les bénéfices de la SNCF pour financer une partie des investissements, plutôt que sur des dotations budgétaires directes. Ce mécanisme, qui repose sur les résultats de l'opérateur historique, permet de limiter l'effort apparent de l'État, mais ne reflète pas l'intégralité des sommes injectées dans le rail.

Un écart persistant malgré les spécificités

Même en prenant en compte cette particularité, le niveau global d'investissement reste inférieur à celui des grands pays voisins. Les écarts avec l'Allemagne et le Royaume-Uni sont qualifiés d'« années-lumière » par l'association allemande, qui souligne un sous-investissement chronique dans les infrastructures ferroviaires françaises. Les données, issues d'une comparaison européenne, mettent en lumière la nécessité d'un rééquilibrage pour moderniser un réseau vieillissant.