Des réquisitions sévères

Ce vendredi, l’avocat général a requis une peine de trente années de réclusion criminelle à l’encontre de Delphine Pinto, âgée de 49 ans. Cette mère de famille comparaît depuis le début de la semaine devant la cour d’assises de l’Oise, à Beauvais, pour avoir orchestré le meurtre de son mari, survenu le 28 décembre 2020. Les faits, qualifiés d’assassinat en bande organisée, avaient profondément marqué le secteur de Noyon.

Le déroulement du drame

Le soir du crime, la victime, un homme de 48 ans, avait été abattue de plusieurs balles alors qu’il se trouvait au volant de son véhicule, dans une rue de Noyon. Les investigations ont rapidement orienté les enquêteurs vers une piste criminelle impliquant un commanditaire. Selon l’acte d’accusation, Delphine Pinto aurait recruté deux hommes de main pour exécuter son époux, dans un contexte de conflit conjugal et de difficultés financières. Les deux tireurs présumés, également jugés dans cette affaire, auraient été rémunérés pour accomplir cette mission.

Le profil de l’accusée

Lors des audiences, les experts psychologiques ont brossé le portrait d’une femme décrite comme autoritaire et manipulatrice. Les débats ont mis en lumière des années de tensions au sein du couple, marquées par des violences psychologiques et des disputes récurrentes autour de la gestion du foyer. Delphine Pinto, qui était mère de plusieurs enfants, aurait souhaité se débarrasser de son mari pour mettre la main sur le patrimoine familial et bénéficier de ses assurances-vie. Durant l’instruction, elle a toujours nié les faits, soutenant qu’elle n’était pas impliquée dans ce projet criminel.

Les réquisitions du parquet

Ce vendredi, le représentant du ministère public a estimé que la culpabilité de l’accusée ne faisait aucun doute. Il a requis la peine maximale prévue pour ce type de crime, soit trente ans de réclusion criminelle, assortie d’une période de sûreté. Dans son réquisitoire, il a souligné la préméditation et le caractère froid de l’opération, décrivant Delphine Pinto comme « l’instigatrice » d’un assassinat méthodiquement préparé. Il a également pointé du doigt l’absence de remords manifestée par l’accusée tout au long de l’enquête.

La position de la défense

Les avocats de Delphine Pinto plaident pour sa relaxe. Ils contestent les charges et mettent en avant le manque de preuves matérielles directes reliant leur cliente au passage à l’acte. Selon eux, l’enquête s’est appuyée sur des témoignages fragiles et les déclarations des co-accusés, dont la crédibilité serait douteuse. Ils dénoncent également une pression médiatique et judiciaire qui aurait influencé l’opinion. La défense doit plaider dans l’après-midi, avant que la cour ne se retire pour délibérer. Le verdict est attendu en soirée.

Un procès suivi de près

Ce dossier, qui a défrayé la chronique dans la région des Hauts-de-France, a attiré de nombreux curieux et journalistes au palais de justice de Beauvais. La personnalité de l’accusée, décrite comme une femme ordinaire basculant dans le crime, suscite l’interrogation. Les parties civiles, représentant la famille de la victime, réclament une condamnation exemplaire. Le verdict rendu ce soir pourrait faire jurisprudence dans les affaires de commanditaires de meurtres conjugaux.